Vox: le parti d’extrême-droite qui fait trembler l’Espagne ?

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par Justine Planque

Fondé en 2013, le parti d’extrême droite espagnol Vox était resté jusqu’ici quelque peu marginal, mais c’est en décembre dernier qu’il s’est imposé durant les élections en Andalousie, mettant fin à la domination de la gauche. Une annonce qui a créé la surprise puisque depuis 1975, aucun parti d’extrême droite n’était entré dans un parlement régional espagnol.

Mené par Santiago Abascal, le parti d’extrême droite fait couler beaucoup d’encre en Espagne. Jusque là inconnu d’une majorité du public espagnol, le parti « sorti de nulle part » est une réelle résurgence pour la droite, qui n’avait plus siégé au parlement depuis la dictature de Franco.

Vox: une ascension numérique ?

En avril dernier, un membre du parti Vox avait rendu visite à Steve Bannon, l’acteur du succès de la campagne présidentielle américaine de Donald Trump. C’est donc en s’inspirant de manière explicite de la communication de ce dernier qu’une très grande partie de la campagne du parti s’est déroulée sur les réseaux sociaux. Cela lui a permis de cibler plus facilement ses potentiels électeurs et de s’adresser plus directement à eux. C’est à coups de débat enflammés, de memes et de termes chocs que le parti a connu un pic important de notoriété.

Twitter, Facebook, Instagram, YouTube et même WhatsApp, le parti est présent sur de nombreuses plateformes numériques et boycotte de nombreux médias. Vox s’est concentré sur ses réseaux sociaux et a choisi d’accorder des interviews à des médias bien ciblés. Dénonçant les « journalistes manipulateurs », le parti a assuré sa propre communication, sans passer par le biais de média, qu’il juge maîtres de la désinformation. Une ironie bien triste, quand on sait que le parti est celui qui attire et relaie le plus de fake news, notamment via l’application WhatsApp. C’est avec la prolifération de ces fausses informations que le parti a réussi a faire parler de lui, entraînant de nombreux articles dans la presse espagnole.

Une campagne hostile ?

Reprenant beaucoup des thèmes de l’extrême droite occidentale, la campagne de Vox peut être comparée à celle du Rassemblement National en France.

Basée principalement sur la lute contre l’immigration, le programme du parti a attiré de nombreux adhérents, principalement opposés aux flux migratoires des dernières années. Très centrés sur la peur d’autrui et plus précisément sur le rejet des immigrants de confession musulmane, les membres du parti comptent mener une réelle lutte contre l’immigration. Pour y arriver, Vox souhaite mettre en place un contrôle des flux et une mise en place de patrouilles aux frontières ainsi qu’une construction de barrières dans les deux enclaves espagnoles au Maroc, Ceuta et Melilla. Le parti préconise aussi l’expulsion d’immigrés étant soupçonnés de délit.

 

Vox 2

En réel anti-indépendantiste, Santiago Abascal souhaite abolir le séparatisme et abolir les 17 régions autonomes de l’Espagne pour une solidarité totale du pays. Abascal demande une suspension totale de l’autonomie catalane et poursuive judiciairement tous les acteurs de cette indépendance. C’est un des aspects du programme qui rassemble un très grand nombre d’adhérents de Vox. En effet, face au mouvement indépendantiste de la Catalogne, de nombreux espagnols revendiquent l’unité de l’Espagne et la suppression des régions autonomes. Abascal affirme son souhait de rejeter l’Union Européenne d’Angela Merkel, qu’il juge trop laxiste face à la question de migratoire.

Outre ces deux aspects du programme, Vox n’hésite pas à partager son aversion pour la lutte féministe : qualifiées de « Feminazis » par le leader du parti, les féministes espagnoles sont inquiètes. La loi espagnole contre les violences faites aux femmes pose problème au parti d’extrême droite, qui la juge discriminante envers le sexe masculin. Cette loi a pourtant été adoptée unanimement par le Parlement en 2004. La remise en question de cette loi est un réel coup de massue pour le droit et l’égalité des femmes en Espagne. Et Vox ne s’arrête pas là, le parti réclame une exclusion totale du droit à l’IVG et une suppression des quotas paritaires sur les listes électorales.

Discret sur les droits LGBT+, Vox souhaite tout de même revenir sur l’interdiction du mariage homosexuel, légal en Espagne depuis 2005. La place de la famille traditionnelle et catholique espagnole est au coeur du programme, excluant totalement les minorités. Allant jusqu’à dénoncer les moyens financiers publics alloués à la Pride et donc « favorables qu’aux minorités »

Avec un peu plus de 10 % des voix, Vox a obtenu 24 sièges au Parlement. Le parti Podemos a reçu 14,31 % des voix, 28,68 % pour le PSOE, 15,86 % pour Ciudadanos et 16,70 % pour le PP. Le score obtenu par Vox, traduit la montée extrêmement rapide de l’extrême droite en Espagne. En seulement 4 ans, le parti a réussi à gagner de nombreuses voix et de nombreux adhérents, passant de 0,2 % des voix aux législatives en 2016, à 10,26 % aux dernières élections. Cette situation peut être comparée à celle de l’Europe, plus globalement, qui observe une montée de l’extrême droite dans nombreux de ses pays tels que la France, la Suède ou encore l’Italie.

Avec 6,20 % de voix lors des européennes, Vox est désormais représenté par 3 députés au Parlement Européen. Si l’on regroupe tous les groupes d’extrême droite présents au Parlement Européen, cela représente 175 députés. Sur un total de 705 députés au Parlement, à peu près 25% sont issus de l’extrême droite.

 

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