Twitter: Le terrain de jeu des haters ?

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Twitter est-il un exemple de liberté toxique ? C’est la question que de nombreux internautes, désertant un à un le site, se posent. Insultes, critiques, harcèlement, menaces…tel est le quotidien d’un bon nombres d’utilisateurs.

Crée en 2006, Twitter est l’un des réseaux social avec le plus d’utilisateurs actifs. Se cachant derrière la liberté d’expression, une grande partie de ces utilisateurs pensent être totalement libres et se permettent d’écrire des propos haineux.

Mais alors, la liberté d’expression nous autorise-t-elle à écrire tout ce que l’on veut en ligne ?

Contrairement aux États-Unis, où la liberté d’expression est considérée comme un droit individuel fondamental, en France, les révolutionnaires français écrivaient déjà dans la première Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789:

La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui : ainsi, l’exercice des droits naturels de chaque Homme n’a de bornes que celles qui assurent aux autres membres de la Société la jouissance de ces mêmes droits.

Faut-il comprendre, comme le dit le dicton, que la liberté s’arrête là où commence celle des autres ? Des conceptions antithétiques donc ; et une conception anglo-saxonne qui se retrouve sur tous les réseaux sociaux (Facebook, Twitter, Youtube, etc.). Une conception française que les bourreaux modernes ne semblent pas partager.

Perçu comme un site hostile, beaucoup d’utilisateurs se plaignent des nombreux trolls et haters.  Effectivement sur Twitter, la critique est simplissime : que ce soit en rapport avec le physique, l’orientation sexuelle, les idéaux politiques ou même juste l’avis personnel, de nombreux internautes subissent un harcèlement régulier voire quotidien. Face à la-non censure et au possible anonymat que propose le réseau, de nombreuses personnes en profitent pour s’acharner sur d’autres utilisateurs. De nombreux internautes sont victimes de propos haineux, et notamment de grossophobie.

Les femmes sont les plus touchées au niveau de la grossophobie. De nombreuses internautes font face à un déferlement de tweets haineux, sous prétexte que leur corps n’est pas assez « beau ». Certaines publient des photos d’elles, assumant et prêchant le body positive, malheureusement les réactions sont parfois loin d’être positive. L’acharnement de meute est devenu un phénomène récurrent sur le site.

twitter haters capture 1

twitter haters capture 3

twitter haters capture 2Mais alors que fait Twitter pour lutter contre ce cyber-harcèlement ?

Malgré la possibilité de bloquer et signaler les comptes haineux, beaucoup de signalements n’aboutissent jamais. Un véritable fléau pour les utilisateurs qui ne se sentent pas du tout protégés en ligne. C’est le cas d’une ancienne utilisatrice du réseau, longtemps active sur Twitter, elle a fini pour le déserter à cause de la haine qu’elle recevait chaque jour :

J’avais pour habitude de dire tout ce qu’il me passait par la tête, jusqu’au jour où un groupe de Twittos se sont mis à m’insulter. Je suis féministe, et non étonnamment, sur Twitter, beaucoup d’hommes et même de femmes, ont une aversion forte pour nous. Tous les jours, mes mentions étaient remplis de haine, de critiques et souvent même de menaces. Un homme a un jour menacé de me violer moi et ma copine ! C’est aberrant ! Comment en 2019 il est possible de lire de tels messages de haine et surtout ne rien pouvoir faire pour se défendre ! C’est un cercle vicieux, si on réplique, c’est une dizaine d’autres personnes qui nous tombent dessus ! J’ai honte pour eux mais aussi pour les créateurs du réseau qui ne font absolument rien contre le cyber-harcèlement ! 

Les minorités sont souvent le plus touchés : les personnes racisées et les LGBT+ sont la cible de nombreux acharnements. Le jeune chanteur et youtubeur Bilal Hassani, par exemple, a reçu une multitude de message haineux suite à la publication de ses vidéos et sa participation à l’Eurovison. Le déferlement est allé tellement loin que des meutes insultantes lui ont souhaité la mort. En réponse à tout l’acharnement qu’il a subit, Bilal a sorti un single « Jaloux » en réponse aux haters. Il a également invité sa mère à répondre avec lui, en vidéo, à l’acharnement dont il a été la victime. Quelques mois après cette vidéo, il a décidé d’en publier une nouvelle où il dénonce le cyber-harcèlement.

Le sexisme et le racisme combiné donnent lieu à une bien triste constatation. D’après une étude d’Amnesty International, ce sont les femmes et plus précisément les femmes racisées qui sont les premières victimes de harcèlement sur le réseau. Grâce à un panel de plus de 750 femmes politiques et journalistes américaines et britanniques, Amnesty International a pu poser des chiffres sur les nombreuses plaintes reçues : les violences visent toutes les femmes mais les femmes de couleurs risquent 34 % de plus que les femmes blanches, de subir des commentaires toxiques.

Alors qu’un grand nombre d’utilisateurs hésitent à rester sur Twitter, certaines personnalités ont même désactivé leur comptes au vue des nombreuses critiques et insultes qu’ils recevaient. Will Poulter, l’acteur américain, a décidé de supprimer son compte pour préserver « sa santé mentale ». Jugé pas assez beau pour être acteur, il a subit une campagne de haine suite à la sortie du film Le Monde de Narnia où il a été révélé. Jusque-là, l’acteur est passé outre les critiques. Cependant, à la sortie de l’épisode interactif Bandersnatch, de la série Black Mirror, les critiques sur son physique se sont multipliés, ce qui l’a conduit à la suppression de son compte Twitter.

Le côté solidaire de Twitter

Outre ce côté sombre, il reste de nombreux internautes aux intentions bienveillantes. C’est notamment sur Twitter que de nombreuses victimes d’attouchements sexuels dans les transports en commun par exemple, dénoncent leurs agresseurs et avertissent du danger que les usagers de ces mêmes transports encourent. D’autres dénoncent des violences faites sur les animaux qui résultent en plainte collective et parfois même en arrestations, d’autres encore postent des photos de leur talent (cuisine, peinture, maquillage…) et obtiennent le crédit qu’ils méritent par le biais de retweets des internautes. C’est notamment sur Twitter que le danseur français Salif Gueye a été découvert. Suite à la publication d’une de ses chorégraphie sur Instagram, la vidéo a été relayé un nombre incalculable de fois sur Twitter. Il a par la suite été invité dans le talk-show d’Ellen Degeneres et a assuré l’animation lors de la cérémonie du Ballon d’Or 2018.

La #LoveArmy est aussi un exemple extraordinaire de solidarité en ligne. Grâce à ce hashtags, Jérôme Jarre, le créateur du mouvement, a pu percevoir de nombreux dons d’utilisateurs (2,170 millions exactement) et à réussi à venir en aide aux Rohingyas, persécutés par la Birmanie.

A l’heure où la haine se propage, les réseaux sociaux deviennent un tremplin pour l’expression exacerbée des pensées malveillantes. Un tournant serait-il pourtant en marche, alors que Mark Zukerberg, le fondateur de Facebook, est en visite en France pour concevoir et expérimenter la nouvelle politique de régulation des propos haineux sur les réseaux sociaux ?

Justine Planque

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