PoV – Présidentielle : Mépris pour les « candidats de merde » ?

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Une nouvelle tribune pour « Points de vue » au sujet du traitement médiatique de certains candidats, qui estiment être méprisés, voire considérés comme des « candidats de merde ».

par Live A. Jéjé

Alors qu’à 20h20 ce soir, TF1 propose une grande soirée consacrée aux propositions des candidats à la présidentielle sur les préoccupations des français, et la gestion de la guerre en Ukraine et de ses conséquences, certains des prétendants en lice ont eu la mauvaise surprise de ne pas être invités, ce qui a provoqué une réaction de colère de leurs parts, dénonçant un mépris de classe et une non-reconnaissance de leur statut alors que la campagne électorale officielle a commencé, Jean Lassalle ayant même exprimé son sentiment d’être considéré comme un « candidat de merde ».

L’échéance électorale à venir ne brille définitivement guère en ce qui concerne la place de ceux qui concourent au marathon Elyséen. Entre la polémique au sujet de la possible absence de l’élection de certains candidats parmi les mieux placés dans les sondages d’opinion, le refus d’Emmanuel Macron de participer à un débat rassemblant, comme ce fut le cas en 2017, tous ses concurrents, et les décisions éditoriales au sujet des participants aux émissions spéciales que les chaines ont décidé d’organiser, un certain nombre de français rejoignent dénoncent le traitement réservé à ce que les médias ont coutume d’appeler les « petits candidats »

Une quête de parrainage rendue plus laborieuse par François Hollande

S’il est coutume de dire que la procédure permettant à chaque citoyen nourrissant des ambitions présidentielles est désuète, l’annonce de François Hollande, lors de son quinquennat, de la réformer avait suscité l’espoir d’un système moins défaillant et sur certains points ridicules : celui permettant aux élus habilités de parrainer tout aussi bien des personnalités non-candidates, qu’elles soient politiques (comme François Hollande qui a reçu 1 signature en 2022 alors qu’il s’est retiré de la vie politique depuis cinq ans) ou de la vie civile (un maire qui a parrainé le médecin de son village), mais encore la possibilité de voir un candidat recueillir des milliers de parrainages quand 500 suffisent à la validation de leur candidature.

A la place, le président Hollande a préféré, dans sa loi de 2016, mettre fin à l’anonymat des élus ayant la prérogative d’accorder leur soutien à un candidat déclaré. Avec comme principale conséquence la peur des élus, principalement les maires, de soutenir, que ce soit par proximité idéologique ou pour que toutes les opinions politiques soient représentées lors d’une élection si importante, un candidat, qui pourrait leur être reproché et entrainer une baisse des dotations annuelles allouées à leurs communes. De fait, deux tiers des éventuels parrains ont choisi de rester neutre, ne s’engageant pour personne, et parmi ceux qui ont pris le risque d’accorder leur parrainage, les grandes formations politiques (PS, LR, LREM) ont été privilégiés. Une incertitude a de ce fait régné quant à la participation de Nicolas Dupont-Aignan, Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon, Philippe Poutou et d’Eric Zemmour, alors qu’ils représentent, estimations cumulées, plus de 40% des intentions de vote au premier tour qui se tiendra le 10 avril.

Des « candidats de merde » méprisés lors des soirées de campagne ?

Ils sont à présent 12 en lice, et disposent pour l’heure d’un temps de parole calculé par l’ARCOM (ex-CSA) selon leur « poids politique » (nombre d’élus, et intentions de vote en leur faveur dans les sondages), privilégiant, à ce qu’explique l’organisme, « l’équité » à « l’égalité ». Ainsi, et pour la seconde fois en une semaine, après la soirée spéciale sur LCI le 8 mars dernier, à l’occasion de la journée de la femme, ayant permis à 8 candidats sur les 12 de répondre à un panel de femmes sur leurs programmes, TFI a décidé d’organiser une soirée spéciale « Face à la guerre », consacrée au conflit russo-ukrainien, en donnant la parole aux mêmes 8 candidats, laissant de côté Nathalie Arthaud, Nicolas Dupont-Aignan, Jean Lassalle et Philippe Poutou, non-conviés.

Une décision jugée par les principaux intéressés, et bien des électeurs, scandaleuse, objectant que si le temps de parole de chaque prétendant est en partie déterminé par les intentions de vote en sa faveur, encore faudrait-il que les Français puissent découvrir quels sont leurs projets pour le pays, ce qui ne peut se faire qu’à travers les médias. Et une nouvelle fois, la réforme de François Hollande a un impact considérable sur ce traitement injuste des « petits candidats », puisqu’elle a réduit de 5 à 2 semaines la période d’égalité du temps de parole de tous les concurrents, qu’importe cette notion vaseuse de « poids politique », qui permet à Anne Hidalgo de s’exprimer ce soir sur TF1 alors qu’elle n’est créditée que de 2% dans le dernier sondage en date (celui de l’IFOP réalisé entre le 10 et le 14 mars), soit le même score que Jean Lassalle, pensant que ses adversaires le considèrent comme un « candidat de merde » ou de Nicolas Dupont-Aignan – si l’on calcule la moyenne du pourcentage d’intentions en sa faveur des plus récents sondages – non-conviés.

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