Grand Débat National: l’heure du bilan

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C’est au Grand Palais que le Premier Ministre Edouard Philippe a présenté ce lundi les premiers résultats de la consultation nationale, nommé grand débat, lancée par Emmanuel Macron en janvier.

« Rien ne sera plus comme avant »

Sibeth Ndiaye

Initié en réponse à la crise des Gilets Jaunes, le Grand Débat a permis à la population de s’exprimer sur quatre thématiques : la transition écologique, la fiscalité, la démocratie et la citoyenneté, l’organisation de l’État et des services publics. Après plusieurs mois de débats intenses dans tout le pays, les premières conclusions et attentes des Français ont été dévoilées. Quatre préoccupations se sont démarquées, parmi elles, “une exigence démocratique”, une “urgence climatique”, “baisser plus vite les impôts” et revoir “nos règles d’urbanisme”.

Qu’est-ce que le Grand Débat National ?

Ce débat assez coûteux (12 millions d’euros selon le ministre Sébastien Lecornu) permettait à tous les français d’exprimer leurs souhaits pour le futur via des questionnaires en ligne, par courrier, lors de réunions, ou encore dans des cahiers de doléances présents dans les mairies. Encadré par la secrétaire d’Etat auprès du ministre de la Transition écologique, Emmanuelle Wargon et par le ministre des Collectivités territoriales, Sébastien Lecornu, ce débat national s’est terminé le 15 mars. Au total, près de 10 452 réunions ont eu lieu et environ 2 millions de contributions ont été enregistrées sur  la plateforme en ligne du Grand Débat . C’est l’institut de sondage OpinionWay qui a été chargé de traiter les contributions en ligne. Il a analysé les réponses aux questions auxquelles on ne peut répondre que par « oui » ou « non ». Ce fut ensuite à Qwam, une société d’intelligence artificielle, d’analyser les questions ouvertes.

Il aura fallu un peu moins d’un mois pour rassembler les données complètes et en faire une synthèse.

Les principales demandes des citoyens

Tout d’abord, 43% des français souhaitent être plus éclairés sur la récolte et l’utilisation des impôts et surtout comprendre pourquoi les prélèvements ont augmenté ces dernières années. En bref, plus de communication est exigé. Plusieurs pistes ont été évoquées durant les débats pour éclairer les citoyens comme par exemple une refonte permettant une simplification de l’impôt pour les particuliers.

Autre revendication majoritaire, 27,8%  des français demandent à renforcer la «justice fiscale», en taxant davantage les hauts revenus ou encore en révisant la fiscalité des entreprises.

Le retour de l’ISF, refusé à maintes reprises par Emmanuel Macron, fait également partie des pistes suggérées.

La baisse des impôts dont la TVA est une autre revendication des participants. En contrepartie 34,7% des répondants considèrent que chacun pourrait payer l’impôt sur le revenu.

Concernant l’environnement, les avis sont critiques. Plus de six répondants sur dix ne s’estiment pas prêts à payer un impôt visant à encourager les comportements bénéfiques à la collectivité. L’idée consisterait plutôt à faire peser le coût de la transition sur les principaux pollueurs et les plus aisés, plutôt que sur l’ensemble de la population.

Hausse du pouvoir d’achat et réduction du « train de vie » de l’Etat font parties des autres demandes des citoyens.

Un débat ne reflétant pas certaines revendications des Gilets Jaunes

Mobilisés depuis le 17 novembre après l’annonce de la hausse des taxes sur les carburants, ceux que l’on appelle les “Gilets Jaunes” étaient le public ciblé par ce Débat National. Pour autant, certaines de leurs revendications comme le retour de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) ne semble pas, au regard de la synthèse du gouvernement, être une priorité pour les français. Ce résultat s’explique en partie par un boycott des Gilets Jaunes dont certains ont préféré exprimer leurs revendications sur le “Vrai Débat”, plateforme de consultation qu’ils ont organisée eux-mêmes.

Lancée fin janvier, cette plateforme a accueilli une dizaine de milliers de participants et contrairement aux résultats de la consultation organisée par le gouvernement, elle place le RIC (référendum d’initiative citoyenne) en tête des préoccupations avec 91% de “Pour.

Reste à savoir si le Grand Débat, qualifié d’ « opération de communication » par le Rassemblement national, aura été vraiment efficace. Pour l’heure des discussions sans vote se déroulent au Parlement. A la fin, c’est le président qui « fixera le cap et annoncera l’ouverture de grands chantiers », avec « les élus locaux »« les organisations syndicales et patronales » et  « les associations ».

Chloé Le Blay

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