Les Enquêtes du Supplément: La dissuasion nucléaire et les nouvelles menaces

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Une nouvelle enquête du Supplément Enragé de Beatriz de León Cobo sur le contexte international autour de la question de la dissuasion nucléaire, à l’heure où les accords unissant les grandes puissances militaires sont remis en cause. 

par Beatriz de León Cobo

Dans un scénario post-Brexit avec une Alliance atlantique en crise, l’analyse de l’évolution du paysage nucléaire international mérite d’être prise en compte. La France reste le seul État membre de l’Union européenne à disposer d’une capacité d’armement nucléaire. La réalité nucléaire a évolué à grande vitesse, et aujourd’hui, de nouveaux acteurs entrent en jeu et les tensions entre les puissances régionales et mondiales s’intensifient. Suivant l’agenda de travail du Conseil de sécurité nucléaire, les dix dernières années ont vu comment les efforts de « non-prolifération » ont eu leurs limites lorsque la Corée du Nord et l’Iran, malgré les sanctions imposées, ont continué à violer, chacun à un degré différent, les traités internationaux sur la prolifération et l’enrichissement de l’uranium.

La Corée du Nord

Dans le cas de la Corée du Nord, malgré les sanctions et les discussions entre Trump et Kim Jong-Un au cours des deux dernières années, le programme nucléaire nord-coréen a continué à progresser à des niveaux alarmants. Parmi les exemples de ses capacités, le missile balistique à combustible solide à moyenne portée (MRBM) Pukguksong-2 (KN-15) a été testé avec succès en 2017 et depuis lors, le gouvernement nord-coréen a annoncé la production en masse de ces missiles. Si le régime de Pyongyang continue à développer sa capacité nucléaire, d’autres puissances telles que le Japon et la Corée du Sud commenceront à envisager la prolifération.

L’Iran

En ce qui concerne l’Iran, suite aux efforts de la communauté internationale pour parvenir au plan d’action global conjoint, les États-Unis se sont retirés de l’accord en imposant des sanctions unilatérales, ce qui a conduit l’accord à une crise majeure dont il n’a pas encore pu sortir. En fait, comme l’AIEA l’a signalé à la mi-2019, l’Iran a déjà violé l’accord et, malgré la pression internationale, il devient de plus en plus difficile de convaincre l’Iran de respecter les restrictions en matière d’enrichissement de l’uranium. Le développement des capacités nucléaires de l’Iran a mis d’autres pays de la région, comme l’Arabie Saoudite, sous pression pour envisager une prolifération si l’Iran poursuit son programme nucléaire.

Une dissuasion et une non-prolifération remises en question

D’autre part, l’escalade des tensions entre les grandes puissances, notamment entre les États-Unis et la Chine et la Russie, respectivement, commence à se refléter dans les traités de non-prolifération et leur évolution ces dernières années. Cette année, en raison du 50e anniversaire du traité de non-prolifération, plusieurs nations envisagent d’abandonner le traité et de commencer à développer leurs propres programmes de dissuasion nucléaire.

Le manque définitif d’unité et de jugement est évident lorsque les États-Unis se retirent du Traité FNI (Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire) en 2019 parce qu’ils affirment que la Russie l’a violé à plusieurs reprises. Après la notification américaine, Poutine a annoncé qu’il suspendait également sa participation au traité FNI et qu’il commencerait à développer des missiles à portée intermédiaire pour contrecarrer les nouveaux systèmes américains. En outre, 2021 est l’année du renouvellement du traité « New Start » entre les États-Unis et la Russie, mais il n’a pas encore été décidé si les deux pays veulent continuer dans les mêmes conditions jusqu’en 2026. Washington a proposé l’entrée de la Chine dans le traité et cette dernière a refusé, affirmant que ses capacités ne sont pas comparables à celles des deux puissances. L’objectif principal des deux accords diplomatiques est d’empêcher la prolifération entre les deux puissances qui contrôlent plus de 90% de la capacité nucléaire mondiale.

Enfin, l’évolution rapide des technologies, en particulier des systèmes anti-missiles, pourrait devenir un problème pour les capacités de dissuasion en général, mais surtout pour l’Europe, étant donné que dans 15 ans tous les États dotés d’armes nucléaires auront probablement des capacités anti-missiles, et que cette course à la supériorité technologique inclura les missiles supersoniques avec la possibilité d’être lancés à partir de plates-formes aériennes ou navales.

La préparation aux nouvelles menaces doit être une priorité de notre politique de défense, et la prolifération nucléaire accrue à notre frontière avancée est un risque. Compte tenu du nouvel environnement opérationnel, des pays comme l’Espagne ou l’Italie [NDLR: ce passage a été modifié, l’auteure ayant écrit pour le public espagnol (« bien que l’Espagne ne dispose pas de cette capacité de dissuasion, nous devons[…] participer aux initiatives qui sont lancées au sein de l’UE et surtout de l’OTAN »), la rédaction a ajouté l’exemple d’un autre pays de l’Europe ne disposant pas de l’arme nucléaire, puisqu’il était impossible de transposer « l’Espagne » par la « France » du fait de sa possession de l’arme atomique] ne disposant pas de cette capacité de dissuasion, doivent, dans la mesure du possible, participer aux initiatives qui sont lancées au sein de l’Union européenne et surtout de l’OTAN.

Bibliographie

NDLR: Cet article a été précédemment publié en mars 2020,  en espagnol, dans Artículo30.. L’auteure ayant rejoint notre équipe de journalistes, elle a retranscrit son article en français pour notre journal. Cette version française n’est donc aucunement accusable de plagiat puisqu’il s’agit du travail même de l’auteure qui a décidé de nous offrir l’exclusivité de cet article jusqu’ici inédit en français pour Le Supplément Enragé.

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