L’édito du 4 Janvier: WW3 -Que peut faire l’Iran face aux USA ?

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L’édito du 4 Janvier 2020 consacré aux tensions militaires et diplomatiques entre l’Iran et les Etats-Unis, suite à l’assassinat du général Soleimani..

par Live A. Jéjé

Après l’assassinat médiatisé du Général iranien Soleimani, au terme d’une semaine de tensions et de tirs croisés entre les Etats-Unis et l’Iran sur le territoire Irakien, les tensions sont à son comble entre la Maison-Blanche et les autorités iraniennes, qui ont promis des représailles, affirmant qu’elles se déroulent « au bon moment et au bon endroit ».

                Du côté de la Défense US, l’on justifie ce meurtre ciblé, comme un ordre émanant directement du bureau ovale, afin de prévenir la menace d’une attaque « d’envergure » que Soleimani préparait et qui visait des centaines d’américains. Comme toujours, la décision prise par Donald Trump paraît aux yeux des commentateurs et des internautes, impulsive et irréfléchi, comme une réponse directe et précipitée à la mort d’un sous-traitant américain lors du bombardement de la base irakienne de Kirkouk. Ne rencontrons-nous pas là un problème de diabolisation systématique ? Lorsqu’un citoyen ou un militaire français ou russe meurt dans un bombardement, personne ne se formalise qu’une réponse militaire soit apportée dans les heures qui suivent. Le seul hic de cette réaction américaine ne semble résider après tout que dans la décision de tuer un personnage aussi important que Soleimani.

                Face à ces menaces de représailles du régime iranien, qui a malignement bien mesuré ses propos, diverses théories fleurissent : les bases militaires installées en Irak depuis le renversement de Saddam Hussein lors de la « guerre contre le terreur » initiée par l’ex-président Bush à la suite des attentats du 11 Septembre 2001, ou encore Israël, ennemi notoire de ses voisins musulmans (le « Guide suprême » de l’Iran, Ali Khamenei ayant qualifié cet état de « cancer »  du Moyen-Orient il y a quelques années) et allié historique des USA depuis le sortir de la seconde guerre mondiale paraissent des cibles évidentes et prioritaires. Si un scénario de ce type venait à se développer, il ne ferait nul doute que le « croissant chiite », allant du Liban au Yémen pourraient soutenir, particulièrement sur un sol Irakien où la stabilité politique n’a jamais été retrouvée depuis la seconde guerre du Golfe de 2003, l’avènement de l’état Islamique et la surveillance des troupes américaines. Qui plus est, les récentes manifestations qui ont secoué le pays cet automne fertilisent un terrain déjà propice à l’affrontement et la manipulation des masses.

                Toutefois, l’Iran se retrouve dans une impasse : obligée de réagir sur la scène diplomatique, et de menacer, les profondes crises intérieures qu’il traverse ne lui permettraient pas de s’enliser dans un conflit de cette ampleur contre les Etats-Unis. Ses chances de réussite apparaissent si faibles que Téhéran évitera sûrement la confrontation directe. Comme en témoignent les agressions subies par les américains en Irak depuis les obsèques de Soleimani, la réponse la plus probable à cette séquence militaire consistera en une série d’actes isolés de groupuscules chiites pro-iraniens, que le régime de Khamenei désavouera pour la forme. Ce dernier pourrait opter pour la conquête ou le bombardement de plateformes pétrolières stratégiques, mais encore une fois, sa marche de manœuvre se retrouverait très limitée.

                Si les internautes semblent s’inquiéter par la possibilité d’un conflit nucléaire, parce que la question de la possession ou non de l’arme atomique par les Iraniens est sujette à controverse, les experts en géopolitique comme les militaires sont quant à eux certains qu’aucune menace sérieuse de ce type ne pèse ni sur les Etats-Unis et son allié israélien (tous deux possesseurs officiels de la bombe) ni sur l’Iran.

                C’est sur le terrain numérique que l’Iran pourrait avoir une carte à jouer, via des moyens détournés (instructions données à des groupuscules alliés, appels à la criminalité). Mais l’on se représente mal aussi bien la Défense que les services secrets US américains se laisser submerger par d’éventuelles cyber-attaques.

                Les occidentaux n’ont pour l’instant rien à craindre de la « menace iranienne ». Celui pour qui ce refroidissement des relations déjà frileuses entre les deux nations est une véritable aubaine serait finalement Donald Trump, qui avant de partir à la conquête d’un second mandat, pourrait tirer son épingle du jeu et user de cette querelle comme un élément positif de son bilan de président, qui souffre en matière internationale d’une sa politique commerciale agressive, du retrait de l’Accord de Paris et de la querelle bouffonne et grandiloquente (qui s’en est suivie d’une grande réconciliation toute aussi ridicule, et aux résultats décevants) l’ayant opposé à la Corée du Nord. Et ceci alors que Joe Biden, ancien vice-président de Barack Obama, et candidat favori des médias pour l’investiture démocrate, ne souffre pas, contrairement au président sortant, d’une image de va-t-en-guerre, mais bien au contraire d’une posture internationale reconnue pour sa nuance et son sérieux. Trump pourrait, comme Reagan et Bush avant lui, axer sa campagne de réélection sur le thème de la politique étrangère, en appelant au patriotisme souvent exacerbé des citoyens d’Outre-Atlantique et en prétextant être l’homme le plus à même de défendre leurs intérêts dans le monde, au nom d’une main qui ne tremble pas lorsqu’il faut trancher dans le vif.

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