L’édito du 6 Octobre: Meng Hongwei, chef d’Interpol, a disparu

6 Octobre Interpol Hongwei
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Meng Hongwei, le président d’Interpol, n’a plus donné signé de vie depuis plusieurs jours. Sa femme a appelé jeudi soir un commissariat de Lyon, où réside le couple, afin de signaler sa disparition.

Une enquête ouverte

Vendredi, une enquête a été ouverte depuis Paris suite à la mystérieuse disparition du président d’Interpol, Mr Meng Hongwei. Sa femme a appelé les autorités policières lyonnaises jeudi soir, n’ayant plus de nouvelles de son mari depuis le 25 Septembre dernier.

Mr Hongwei avait pris l’avion pour la Chine depuis Stockholm quelques jours auparavant. D’après le peu d’éléments dont dispose la presse, Mr Hongwei aurait été emmené dès son arrivée sur le sol chinois par les autorités du pays, pour des motifs toujours inexpliqués.

Jürgen Stock, le secrétaire général de l’organisation de coopération policière internationale dont le siège est à Lyon a précisé via Twitter être dans l’attente d’une « réponse officielle des autorités chinoises quant aux inquiétudes sur le sort du président« .

De son côté, le ministère de l’Intérieur a fait part depuis Paris de son « interrogation » et de sa « préoccupation » quant à la disparition de Mr Hongwei, et des menaces qu’auraient reçues l’épouse de ce dernier.

Interrogées par le bureau de liaison d’Interpol à Pékin, les autorités chinoises n’ont pour l’heure pas apporté de précisions. […] Les échanges se poursuivent avec les autorités chinoises.

Monsieur Meng Hongwei

Meng Hongwei, âgé de 64 ans, a été nommé, par élection, à la tête d’Interpol le 10 Novembre 2016 pour un mandat de quatre ans.

Il exerçait auparavant avant son élection comme vice-ministre de la Sécurité Publique en Chine. Membre influent du Parti Communiste chinois, il avait été durant longtemps policier, spécialisé dans la lutte contre le trafic de drogue, puis dans l’antiterrorisme.

Enfin, selon le site d’Interpol, Mr Hongwei aurait dirigé les gardes côtes chinois avant de se voir nommer ministre puis président d’Interpol. Une nomination qui n’avait pas fait que des heureux.

Plusieurs organisations de défense des droits de l’homme avaient critiqué l’élection d’un chinois à la tête d’Interpol, estimant que la Chine s’était servie d’Interpol pour « arrêter des dissidents et des réfugiés à l’étranger« , avait ainsi déclaré Amnesty International, ce à quoi Interpol avait rappelé qu’en vertu de son règlement, ce n’était pas Mr Hongwei, mais bien Mr Jürgen Stock qui administrait au quotidien l’organisation policière.6 Octobre Hongwei

En effet, d’après l’article 3 des statuts, l’organisation « s’interdit absolument toute intervention à caractère politique, religieux, militaire ou racial« .

Si officiellement, le président n’a donc pas fonction politique directe, évitant ainsi le risque de toute ingérence, les inquiétudes émises par les organismes de défense des droits humains n’ont pas été rassurées.

Hongwei dans le collimateur chinois ?

Mr Hongwei avait été nommé ministre en 2004, par Zhou Yougkang, actuellement emprisonné à perpétuité pour corruption et révélation de secrets d’état par le gouvernement chinois dans le cadre de la politique d’anti-corruption lancée depuis le début du mandat de Xi Jipping, le chef d’état du pays.

Cette politique menée par Xi Jipping a été remise en cause à de nombreuses reprises, sous-entendant une accusation de purge politique envers ses opposants. A cette date, 1,5 million de personnes ont été mises en causes par cette vaste campagne. En Mars dernier, un nouvel organe judiciaire, le CNS, a été mis en place par le gouvernement chinois afin de mieux contrôler cette politique aussi appelée « chasse aux renards« .

De nouveau, les différents organismes s’étaient manifestés suite à la création du CNS, dénonçant une couverture légale pour détenir et torturer des opposants. Selon ses statuts, le CNS a le droit d’interroger ses suspects durant la moitié d’une année ainsi que de procéder à des arrestations comme bon leur semble. Ils sont normalement tenus de prévenir les proches du suspect dans les 24 heures suivant l’arrestation, sauf, et dans le cas unique, où cela risquerait de nuire à l’enquête.

Toutefois, cela n’explique toujours pas ni en quoi Meng Hongwei aurait pu être considéré comme suspect (si ce n’est ses relations passées avec Zhou Yougkang), d’autant plus que la Chine pouvait se satisfaire de compter un haut dignitaire du Parti Communiste chinois à la tête d’Interpol.

L’hypothèse Gui Wengui

Une hypothèse pourrait toutefois se dégager de cette situation inexplicable. Interpol est connue pour ses fameuses « notices rouges« , comparées à tort à des mandats d’arrêt internationaux. Ces derniers temps, Interpol avait diffusé une notice rouge à l’encontre de Gui Wengui. L’ex-magnat chinois de l’immobilier est actuellement accusé de blanchiment d’argent et s’est réfugié aux Etats-Unis. Il dénonce régulièrement depuis, avec véhémence, le régime de Pékin, menaçant même de révéler des secrets que le gouvernement chinois souhaiterait cacher.

Il ne s’agit là que d’une hypothèse, encore sans fondements, mais sans doute le régime chinois aurait-il été bien embarrassé, plus encore qu’il ne l’est déjà à leur faire la guerre sur Internet, si Mr Wengui viendrait à être arrêté officiellement et qu’il ferait des révélations compromettantes sur le régime chinois.

Toute cette affaire reste pour le moment bien mystérieuse, d’autant plus qu’Interpol insiste à dire que cette affaire ne concerne que les autorités chinoises et françaises. Espérons qu’il ne soit rien arrivé de grave à Mr Hongwei, bien que là encore, rien est moins sûr. Ces derniers, plusieurs personnalités chinoises, politiques, industrielles ou encore culturelles ont disparu des mois durant avant de réapparaître du jour au lendemain.

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