L’édito du 3 Juin: Wauquiez out

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L’édito du Supplément Enragé du 3 Juin 2019 consacré à la démission de Laurent Wauquiez de la présidence des Républicains.

Bon vent… Laurent Wauquiez n’a pourtant pas manqué de courage au cours de ces deux dernières années. Le scandale des emplois familiaux des Fillon ayant coûté la défaite à une droite qui avait un boulevard devant elle à la dernière présidentielle, suivi de la fuite des cerveaux consécutive à la victoire de Macron, la plupart pour son parti, quelques autres pour le Rassemblement National et Marine Le Pen, avaient fragilisée la formation politique la plus solide qu’est connue la 5e République depuis sa naissance, il y a tout juste soixante ans.

La stratégie Wauquiez: un combat perdu d’avance

Devant la redistribution totale des cartes provoquée par l’écrasante majorité obtenue à l’Assemblée par la nourrissonne République En Marche, mettant fin à l’éternelle dualité gauche – droite, qui avait transmuté, les décennies passant, du combat d’idées, de deux visions distinctes de la société qui s’affrontaient, à d’anecdotiques chipotages et autres guéguerres personnelles et courses à la popularité entre ses représentants, puisque s’étant idéologiquement rejoints sur l’essentiel des sujets, reprendre la tête des Républicains était un véritable challenge. Et Wauquiez avait à cœur de le relever. Il lui fallait colmater les fissurer avant que le vaisseau ne prenne l’eau de toutes parts et que la droite sombre comme le PS avait sombré. Retrouver un espace politique, entre un Macron toujours prompt, dans sa marche, à faire un pas de plus sur sa droite et une extrême-droite dont le ravalement de façade est parvenu à faire oublier à nombre d’électeurs à quels types de personnalités politiques ils auraient affaire s’ils venaient à voter pour son parti le plus célèbre. Dix ans de chasse sarkozyste sur les terres du feu Front National et quasiment autant de temps de lissage du discours de ce dernier par l’héritière maudite, Marine, pour apparaître plus séduisant aux yeux d’un l’électorat populaire dégoûté des promesses non tenues des « partis traditionnels », n’avaient rien arrangé. La frontière entre Républicains et Frontistes n’avait jamais été aussi ténue.

Autoproclamé défenseur des classes moyennes, des PME, des retraités, Wauquiez n’a pas su impulser une véritable dynamique à la tête de LR. Il s’en va sur l’humiliation infligée par les urnes dimanche dernier. 8 %. Jamais la droite n’avait subi un tel revers électoral. Plus de la moitié de son score de 2017 s’est dispersé. Bien sûr, nous pourrons toujours rappeler que l’abstention était beaucoup plus conséquente que lors de la présidentielle, que les français ont voté pour des partis plus que pour une personnalité, qu’ils se méfient tant de l’Europe que peu importe quelles propositions allaient être avancées durant la campagne, ils y resteraient indifférents. Mais cette démission est sans doute le meilleur espoir pour les Républicains de se reconstruire. D’affronter plus sereinement la traversée du désert qui les attend. Et il n’y a pas trente-six solutions. Le parti devra faire ce qu’il n’a jamais su faire, ni en 2012, ni en 2017 : une véritable autocritique, pour comprendre pourquoi ils sont, comme le PS, si déconnectés des attentes des français.

Quel est le meilleur espoir des Républicains ?

C’est par un virage idéologique au centre que réside son seul espoir de restructuration. L’électorat acquis à Le Pen ne reviendra pas au pays. Il faudra donc au successeur de Wauquiez attaquer de front Macron et sa majorité. Chasser sur ses terres, comme ils le firent sur celles du FN. De pointer, au moment où un véritable bilan de la politique du gouvernement le permettra, aussi malhonnêtement que l’exige la stratégie politique depuis toujours, par l’exagération les défauts d’un système technocrate, qu’ils devront décrier comme faussement moderne, avec des « preuves » à l’appui ; puisque l’on peut faire dire n’importe quoi à n’importe quel chiffre ; et ainsi amplifier la sensation de déception que nombre d’électeurs avait placé en ces jeunes Marcheurs. Ce n’est qu’un affrontement Balladur – Chirac modernisé qui sauvera le navire. A la condition qu’un véritable capitaine soit à sa barre. Et à cette heure-ci, seule Valérie Pécresse semble avoir les épaules et jouir chez les adhérents du parti d’une réputation assez solides pour endosser ce rôle.

Live Jéjé

 

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