L’édito du 26 Septembre: Conrad, « Pendez les blancs », le clip scandale

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Suite à la publication d’un clip du rappeur Nick Conrad, accusé de faire l’apologie du racisme anti-blanc, sur Youtube, le Parquet de Paris a ouvert ce mercredi une enquête.

Qui est Nick Conrad ?

Nick Conrad est un rappeur issu de Noisy-le-Grand dans le 93. Atteint d’une maladie génétique, il a passé une partie de son enfance dans les hôpitaux et est dans le même temps initié à la musique, notamment au Jazz et à Miles Davis. Il commence une carrière de rappeur à la fin des années 2000, et signe en 2016 « 130 cercueils », un titre en hommage aux victimes du Bataclan lors des Attentats du 13 Novembre 2015.

Dans « 130 cercueils », il dénonce « la haine qui dicte le cœur des hommes » tout en précisant qu’il se considère être une « panthère noire » portant « le parfum froid de l’Occident ».

C’est cependant pour le titre « PLB », à savoir « Pendez les blancs », mis en ligne le 17 Septembre dernier, que le chanteur se retrouve aujourd’hui sous le feu des projecteurs et qu’il ne tardera pas à se voir traîner devant les tribunaux. En question, une mise en scène hardcore, de deux hommes noirs, torturant un homme blanc, et des paroles pour le moins provocatrices.

Je rentre dans des crèches je tue des bébés blancs. Attrapez-les vite et pendez leurs parents, écartelez-les pour passer le temps divertir les enfants noirs de tout âge petits et grands. Fouettez-les fort faites-le franchement, que ça pue la mort que ça pisse le sang.

Sur fond d’images de sévices et de tortures sur le captif des deux tortionnaires. La vidéo a fini par être retiré le 25 Septembre.

Il n’en a pas fallu plus pour que la classe politique s’enflamme, bientôt rejointe par la LICRA. De Gilbert Collard à Gérard Collomb, tous dénoncent la nature des paroles qui selon la loi du 29 Juillet 1881 est possible d’une peine de 5 ans de prison et de 45 000 € d’amende.

Le Parquet de Paris a ouvert Mercredi 26 Septembre une enquête pour « provocation publique à la commission d’un crime ou d’un délit ».

Les justifications de l’intéressé

Le rappeur s’est exprimé sur RTL afin de donner des explications et enrayer la polémique, tout en précisant qu’il ne regrette absolument rien de ses propos. Il se défend le racisme supposé qu’on lui porte, arguant être soutenu par ses amis de couleur blanche, et précisant que lors du tournage du clip, plusieurs membres de l’équipe technique étaient blancs.

Tout en comprenant le « souci » que ce clip peut susciter (‘’pendre des blancs, bien sûr c’est de la provocation’’), il évoque la profondeur de l’œuvre :

Je ne cherchais pas le buzz, ce clip est supposé amener à réfléchir et pas rester en surface. Je ne comprends pas les gens qui ne vont pas chercher en profondeur.

Ainsi que sa volonté de remuer les consciences, en inversant les rôles, ‘’de manière à ce que blancs comme noirs puissent se rendre compte de la situation’’. En cause, bien sûr, l’éternelle discussion sur l’esclavage et de la colonisation, mise en parallèle avec un racisme systémique dont seraient toujours victimes les descendants d’immigrés par l’état français, comme le théorise le parti des Indigènes de la République et ses représentantes médiatiques telles qu’Houria Bouteldja ou Rokhaya Diallo.

Un personnage et non un discours

Nick Conrad insiste sur le fait qu’à l’instar d’un acteur, il ne faisait que jouer un personnage raciste, mais rappelle qu’il est avant tout ici une œuvre d’art, ce qui nous rappellera la polémique ayant concerné Médine il y a quelques mois et ses propos sur la laïcité et l’Islam, bien que ce dernier (et peu de médias ont pris la peine de le préciser) œuvre contre la radicalisation et l’Islamisme.

Je ne peux pas renier ce que j’ai écrit, ça touche le racisme, c’est la beauté de ce morceau, ça reste de l’art.

Il évoque une comparaison avec certaines œuvres de Delacroix, exposées dans les galeries du Louvre, qui, on ne pourrait lui donner tort, si l’on ne prenait pas en compte l’évolution des mentalités depuis l’exposition de ces toiles et l’enregistrement de ce clip, peuvent paraître toutes aussi choquantes, violentes et racistes.

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Un message d’amour ?

Il considère enfin que ce titre est un ‘’message d’amour en profondeur’’, bien plus qu’un pamphlet haineux (sauf lorsque l’on voit le captif se faire sauter la moitié de la dentition…). Il faut définitivement croire que l’esprit de Nick Conrad est si profond que très peu d’entre nous peut le comprendre.

Quoi qu’il en soit, il appartiendra à chacun de constater, en écoutant la chanson, qu’il a plus de talent à se justifier qu’à travailler ses textes et son flow.

Tout dire et tout montrer ?

Que Nick Conrad soit raciste ou non [NDRL : et je n’ai aucune preuve qui puisse le prétendre, ni ne pense qu’il ne le soit foncièrement], l’on peut toutefois se demander, aux vues des paroles, même si elles ne seraient qu’une mise en scène, pourquoi le parquet ouvre une enquête pour appel au meurtre sans ne parler une seule fois de discrimination, le cas échéant, de racisme anti-blanc ?

L’on peut aisément imaginer qu’une procédure pour « provocation à la haine raciale » aurait été ouverte si les ravisseurs avaient été blancs et le kidnappé arabe ou noir.

Couac dans le domaine musical ?

Comme toute œuvre d’art, l’on ne peut prétendre que son créateur renie ou revendique l’expression de ce qu’elle représente. Néanmoins, il a toujours régné, pour ce qui est du domaine musical, un malaise lorsqu’un chanteur se met dans la peau d’un personnage. Michel Sardou, au début des années 1970, était un adepte du genre, et a provoqué la polémique, notamment pour le titre « Les villes de solitude », où il se mettait dans la peau d’un homme ayant envie de « violer des femmes ».

Là où dans un film, l’on différencie les acteurs des rôles qu’ils interprètent, la différenciation n’est guère aussi tranchée chez les chanteurs.

Un CSA du Net ?

Cette nouvelle polémique relance le débat déjà ébauché sur la nécessité de créer un simulacre de CSA destiné à contrôler les divers contenus qui se propagent sur le web.

Ainsi, certains défendent l’idée d’encadrer, par le cadre légal, ce qui est en droit d’être dit ou non sur le net, en toute impunité, sous son vrai nom ou de façon anonyme, notamment en ce qui concerne les nombreux commentaires xénophobes ou fascistes dont sont victimes bien des personnalités publiques, ainsi que la multiplication des fake news et des diverses formes de propagande extrêmiste, est notamment au cœur de la question.

Live A. Jéjé

LAJTV – Le Supplément Enragé

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