L’édito du 21 Janvier: Censure universitaire, de dérives en dérives.

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L’édito du Supplément Enragé du 21 Janvier 2020 concernant l’annulation d’une conférence universitaire de Sciences-Po Lille à laquelle devaient participer Charles Consigny et Geoffroy Lejeune.

 

par Live A. Jéjé

Une nouvelle fois, l’université française se retrouve au cours de la polémique. Après les annulations et autres chahuts des conférences de Sylviane Agacinski, Alain Finkielkraut ou encore François Hollande (dans un autre registre) ces derniers mois, c’est au tour de deux figures de proue de la nouvelle génération d’éditorialistes de droite, Geoffroy Lejeune et Charles Consigny, d’être décommandés, en l’occurrence à Science-Po Lille, et plus particulièrement par son directeur Pierre Mathiot.

Une conférence sur la droite française

La conférence, qui devait se tenir le mercredi 22 janvier, organisée par l’association « Arènes » de l’IEP de l’établissement, et qui avait pour titre « A droite, où en sont les idées ? » a logiquement été annulé suite à cette décision prise par Pierre Mathiot. Le politologue, ex-délégué ministériel « aux parcours d’excellence » auprès de Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l’Education Nationale sous François Hollande a justifié sa décision dans un communiqué sur Facebook.

21 janvier censure universitaire
Le post Facebook de l’Institut d’Etudes Politiques de l’université lilloise, signé Pierre Mathiot.

Geoffroy Lejeune s’est défendu d’avoir été condamné en 2015 pour les faits dont l’accuse Pierre Mathiot, et qui concernent le journal « Valeurs actuelles » où il s’est fait connaître (un article sur la communauté rom qui s’était réglée devant les tribunaux). Quant à la déprogrammation de Charles Consigny, Mathiot n’a pas donné la moindre explication.

Une âme naïve, ignorante du fonctionnement des campus, avalerait l’argument de la condamnation judiciaire, tout en regrettant cette déprogrammation, dénoncée par nombre de journalistes et d’internautes comme un acte de censure. Dans un tel débat sur l’essence, la redéfinition de la notion de la « droite française », après l’affaire Fillon, le départ de maints adhérents Républicains et militants pour les rangs d’En Marche ou du Rassemblement National ou encore le fiasco, en terme de score, aux dernières élections européennes, Lejeune et Consigny avaient toute la légitimité à venir échanger avec les autres intervenants de la conférence universitaire, représentatifs qu’ils sont de la profonde mutation de la droite ces dernières années. 

En effet, d’un côté, Lejeune représente cette frange conservatrice, farouchement opposés aux législations ou projets de lois sociétaux de ces dernières années (mariage pour tous, PMA, GPA…). Auteur d’un roman-fiction « Une élection ordinaire« , où il imaginait l’élection d’Eric Zemmour à la présidentielle de 2017, il est un représentant phare d’un électorat allant de Marine Le Pen aux Républicains, en passant par Dupont-Aignan. De l’autre, Charles Consigny personnifie la droite décomplexée; de genèse théorisée par Jean-François Copé; ultralibérale, prenant également à coeur les questions sociétales, bien que jugeant moins sévèrement tout ce qui attrait à l’identité ou aux minorités (immigration, droits LGBT). Deux penseurs ultrapopulaires et donc influents, plus encore pour le jeune électorat de droite, qui avaient donc parfaitement eu leur place au sein de ce débat universitaire.  

Malgré la colère, Geoffroy Lejeune et Charles Consigny ont finalement ironisé sur Twitter de ne pouvoir avoir la chance de se « disputer » mercredi à Lille.

Le cas Pierre Mathiot

La décision de Pierre Mathiot est évidemment critiquable à plus d’un égard. Premièrement car Mathiot, lui-même est engagé politiquement (ce qui est, en dehors de l’exercice de ses fonctions universitaires) contre la droite et l’extrême-droite depuis des années, et l’argument de la prétendue condamnation de Lejeune ne vaut strictement rien. De nombreuses personnalités ont été, malgré diverses condamnations de différentes sortes, invitées à débattre dans les facs lorsqu’ils avaient une légitimité à s’exprimer sur la thématique des conférences auxquelles ils participèrent. 

De plus, Mathiot ne semble pas se rendre compte que la logique de son argumentaire pourrait très bien être retourné contre lui, en cette période de chasse aux sorcières permanente: il serait aisé (et tout aussi injuste que pour Lejeune ou Consigny) de le décommander d’une conférence couvrant ses domaines de compétences sous le simple prétexte qu’il est considéré par une partie de l’échiquier politique comme une personnalité clivante du fait de sa « prétendue » proximité avec l’ex UOIF (l’Union des Organisations Islamiques de France), rebaptisée en 2017 « Musulmans de France« , association liée aux  Frères Musulmans.

Le totalitarisme universitaire

Ajoutée aux multiples annulations ou perturbations d’intervention d’intellectuels ou d’hommes politiques tels que ceux cités ci-haut, elle s’insère parfaitement dans cette dérive de capitulation universitaire face aux syndicats étudiants, très majoritairement marqués à gauche, voire à l’extrême-gauche, qui imposent chaque jour un peu plus une véritable dictature de la pensée sur les campus, refusant tout dialogue avec la droite française, privilégiant des conférences et autres débats décoloniaux, universalistes ou néo-marxistes. Et trop souvent, leurs premiers supporters se trouvent être les propres salariés des universités et autres doctorants qui ont toute la liberté d’enseigner à leurs étudiants les théories qu’ils veulent.

Bien qu’il perdure au sein des universités des UFR plutôt marqués à droite (Economie, Droit), un indéniable « maccarthysme gauchiste » est imposé aux étudiants par les syndicats, qui n’hésitent pas à faire valoir des arguments fallacieux (il est reproché à Charles Consigny, ouvertement homosexuel, d’être « homophobe« ) pour discréditer leurs adversaires idéologiques, tout en faisant preuve en toute mauvaise foi d’une incroyable mansuétude à l’égard de bien d’autres intellectuels de gauche, flirtant avec l’antisémitisme ou l’islamo-gauchiste en permanence. Un antisémitisme et un islamo-gauchisme rances suintant au détour des nombreux couloirs des facultés.

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