L’édito du 22 Septembre: l’expertise psychiatrique de Mme Le Pen

22 Septembre Expertise Psychiatrique Marine Le Pen
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Marine Le Pen, dans le cadre d’une instruction juridique relative à des publications Twitter datant de 2015, est convoquée à une expertise psychiatrique. Explications de l’affaire et décryptage de ce qui se joue(rait) en coulisses.

Une mesure légale

Les faits remontent il y a trois ans. Marine Le Pen, alors présidente du Front National, devenu depuis le Rassemblement National, poste sur son compte Twitter officiel 3 posts exposant les exactions de l’état islamique au Moyen-Orient. Rien de très original de la part de Mme Le Pen.

Il apparaît cependant qu’en vertu des lois consécutives à la vague d’attentats terroristes que la France a essuyé depuis Janvier 2015, renforçant la prévention et la diffusion des propos et images mettant en œuvre ces dites exactions, la législation exige que chaque citoyen postant de telles publications sur les réseaux sociaux ou autres canaux de diffusion peut être poursuivi, dans le but de protéger les mineurs de certains types d’images (à caractères pornographiques ou violentes) et de l’influence de ces contenus. Dès lors, l’expertise psychiatrique est obligatoire dans le cadre de la procédure.

Une expertise inutile ?

L’on est en droit de se demander quel intérêt présente cette loi, lorsque l’on sait que ce type de publications exposant les actions de Daesh sont consultables sur bien d’autres plateformes que les réseaux sociaux ou les canaux de diffusion classiques (numérique terroristes, câble).

Qui plus est, les termes exacts de la législation, entre « pornographie » et « violence » relèvent d’une hypocrisie des plus criantes tant il est facile pour les personnes mineures d’avoir accès aux sites pornographiques, lorsqu’ils ne trouvent pas ce type de contenus directement sur des comptes Facebook, Instagram ou Twitter, et comment ils se retrouvent aliénés par des mises en scènes à la première personne dans des situations de violence inouïe (guerre, mafia) sur leurs consoles.

Certes, les jeux vidéos sont complétés d’un « PEGI » (une indication quant à l’âge minimum conseillé pour pouvoir y jouer) et les sites pornos ont l’obligation d’avertir sur leur page d’accueil le contenu spécifique de leurs plateformes et de demander, par validation, que le spectateur est mineur, mais combien d’entre eux se trouvent refroidis par ces ersatz de législations.

Une manœuvre politique ?

Dès lors, que faudrait-il faire, d’autant plus lorsque que des milliers d’autres utilisateurs d’internet ont partagé ces images (et qui n’ont fait, comme Marine Le Pen, que les relayer, la propriété des clichés en question n’étant ni celle de Mme Le Pen, ni celle des internautes). Mettre en place le même dispositif inutile d’avertissement préalable, avec peut-être même un âge minimum requis, sur tous les profils sociaux ?

Ne s’est-on jamais soi-même une seule fois insurgé, par le retweet ou le post d’un contenu choquant (maltraitance animale, violences envers les enfants, vidéos de bagarres de rue) soit dans le but de dénoncer les horreurs du monde ou pour justifier, comme c’était le cas échéant la volonté de Mme Le Pen, de répondre au parallèle fait par Jean-Jacques Bourdin entre l’Etat Islamique et le Front National ?

Marine Le Pen crie encore une fois au complot, à un traitement de défaveur qui lui serait réservé, à des fins électorales, ou d’opinion. Le fameux argument de la diabolisation. Et elle peut largement apporter à son moulin qu’une telle poursuite judiciaire apparaît étrange à son sujet lorsque l’on sait quelles sont les opinions qu’elle défend au sujet de l’Islamisme.

 Toutefois…

Marine Le Pen ne devrait tout de même pas oublier, elle qui dénonce à longueur de temps les soit disant privilèges dont jouissent la classe politique ou les grandes pontes des différents fleurons de la France (industrie, culture) tels que ne pas se présenter devant les juges, s’en tirer à bon compte grâce à leurs relations très haut placées, comme aurait dit Aznavour, qu’en refusant de se rendre à cette expertise, elle applique exactement ce qu’elle dénonce.

Si l’on peut trouver qu’effectivement, cette convocation à vocation psychiatrique est ridicule et qu’après tout ; les rouages parfois vicieux des stratégies politiques nous l’ont prouvé à maintes reprises ; il se peut que tout ceci puisse coller à une possible volonté de la part d’on ne sait précisément qui de la décrédibiliser, la « candidate du peuple », comme elle se surnomme, devrait alors agir comme tout lambda que nous sommes, nous autres que ne pouvons nous dérober à une quelconque convocation officielle sans craindre d’en subir de plus ou moins lourdes conséquences pénales.

Live A. Jéjé

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