L’édito du 17 Septembre: Polémique RATP, la gifle légitime ?

17 Septembre gifle bus
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Les images ont fait le tour de Snapchat, puis de web. Un préadolescent a reçu une gifle par un agent RATP, sorti de ses gonds, la semaine dernière, suite à une incivilité, au milieu d’une foule qui ne s’est privée de capter l’instant et de le relayer au sein de la sphère sociale, jusqu’à ce que les médias en fassent depuis ce matin leurs choux gras, laissant une RATP dans une situation délicate, où, tenue de respecter les législations quant aux faits de violence sur mineurs et donc de prendre des mesures contre l’employé en cause, se heurte déjà à une pétition de plus de 150 000 signataires à l’heure actuelle.

La responsabilité légale du chauffeur

Au geste malheureux du chauffeur excédé s’ajoute un autre motif passible de sanctions : l’interdiction dont il a fait fi de quitter son véhicule alors que ce dernier n’était pas à l’arrêt. Légalement, l’affaire semble simple. Si le chauffeur, comme n’importe quel citoyen, se retrouve victime d’une incivilité ou d’insultes, il est en droit de se défendre tant que sa réponse est proportionnelle à l’attaque qu’il a reçue. Hors, les vidéos attestent clairement que le conducteur a outrepassé ses droits en portant la main sur le visage du jeune homme, attitude, juridiquement parlant, d’autant plus grave qu’elle s’est portée sur une personne mineure.

La sphère médiatique reste hésitante entre l’impossibilité de contester les faits reprochés à l’accusé, et une certaine forme d’indulgence, de compréhension, de son emportement. L’opinion, elle, est majoritairement moins hésitante et se félicite de l’attitude du chauffeur, de même qu’elle s’était montrée hostile aux successives législations de ces dernières années quant à la prohibition des « corrections » corporelles sur les enfants (se référer aux sondages parus lors des débats quant à la législation sur la fessée au début des années 2010).

Derrière la gifle…

L’on peut alors se poser plusieurs questions. Que révèle véritablement sur notre jeunesse cette affaire ? Comment lutter contre la multiplication des incivilités, des provocations, des insultes, lorsque ce ne sont pas des coups, que tout à chacun qui fréquente les quartiers populaires a pu être témoin ou victime, de la part de jeunes, dont la proportion reste minoritaire mais qui ne doit pas être minimisée pour autant ? « Il s’y reprendra à deux fois avant de mal se comporter » peut-on lire un peu partout sur le net. Véritablement ?

Tout repose sur la nuance entre une gifle comme celle larguée par le conducteur, qui peut apparaître légitime, lorsque l’on sait quelles remarques et incivilités en tout genre sont victimes les employés de la RATP, et l’éducation « à la ceinture » encore pratiquée dans bien des familles sur des enfants qui sont souvent les mêmes que ceux qui adoptent ce que l’on caricature, et qu’ils caricaturent eux-mêmes, à une image de « racaille ».

Un débat houleux avait ainsi opposé Yann Moix & Patrick Sébastien sur le plateau d’On n’est pas couché, quant aux baffes que ce dernier avait reçu pour son « bien ».

Pour rappel, la gifle que François Bayrou avait mise à un jeune qui avait tenté de lui faire les poches lors de la campagne pour l’élection présidentielle de 2002 n’avait eu aucune suite juridique. Peut-être le désormais chauffeur de bus le plus célèbre du web aura-t-il droit à la même mansuétude ? Si jamais ce n’est pas le cas, il faudra au minimum que ceux qui ont capté la scène et l’ont relayé sur les réseaux sociaux, avant tout pour se moquer du jeune homme violenté soient également punis pour l’infraction qu’ils ont commises.

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