L’édito du 17 Octobre: Violentes perquisitions chez les Insoumis

17 Octobre Melenchon Insoumis
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Faut-il placer les Insoumis sous sédatifs ou doit-on rouvrir Cayenne pour qu’ils y cassent des cailloux ?

Par Live A. Jéjé

Qu’arrivent-ils aux Insoumis ? Après la colère froide de François Ruffin la semaine dernière, ce mercredi, des scènes d’une violence rare, voire inédite dans la vie politique française, ont fait irruption sur nos écrans suite aux perquisitions menés par le parquet de Paris au domicile, entre autres, de Jean-Luc Mélenchon et au siège de la France Insoumise. Retour sur ces images chocs par Le Supplément Enragé.

Ne jamais parler à Mélenchon au réveil

Il est 7 heures ce mercredi 16 Octobre 2018 lorsque des forces de police, armées et équipées de gilets pare-balles frappe à la porte du domicile de l’homme politique. En cause, une instance judiciaire concernant d’éventuelles malversations financières lors de la campagne présidentielle de 2017 pour le candidat du Front de Gauche, ainsi que des suspicions d’emplois fictifs au Parlement Européen.

D’un point de vue purement pragmatique, il n’était guère malin pour la justice d’agir de la sorte. Prendre Mélenchon par surprise, au petit matin, c’est un peu comme si l’on jetait de l’alcool sur un feu pour le contenir.

C’est par le biais d’un Facebook Live que Jean-Luc Mélenchon s’est donc filmé chez lui, alors que les autorités judiciaires procédaient aux confiscations et autres vérifications inhérentes aux procédures de perquisition. Déjà, le ton est donné. Mélenchon n’hésite pas à dire ce qu’il pense de la besogne dont ont été affublés les policiers, comme si un seul individu sensé aurait été volontaire pour ce genre de mission suicide, d’où l’on ne ressort sans doute indemne que si l’on est sourd et aveugle.

Le ton finit par monter, l’autoproclamé chef de file du « 1er parti d’opposition français » refusant qu’on le touche, même qu’on l’effleure, arguant (il est difficile de juger du sérieux ou de l’ironie du propos) que sa fonction parlementaire fait de lui un personnage « sacré ».

Affrontements violents au siège du parti

C’est alors qu’une autre perquisition commence au siège du mouvement de la France Insoumise, où débarquent très vite Mélenchon et ses fidèles parmi les fidèles, Alexis Corbière en tête.

La scène qui suit devient surréaliste lorsque le Président du groupe parlementaire des Insoumis sort de ses gonds et tente de forcer le barrage formé par deux policiers devant la porte de son local, hurlant pour dénoncer la façon dont il est traité, soulignant cette fois que la République, c’est lui ! Et c’est là qu’intervient tout ce qui fait le génie du personnage. Il n’hésite pas à agir de la façon qu’il reproche aux autres et commence à provoquer physiquement le garde, qui tente de garder son calme et se contente de repousser gentiment un Mélenchon à deux doigts de l’embrasser tant la distance entre leurs visages se réduit à mesure que son indignation grandit.

Un partisan intervient alors: « Ne touchez pas à Mr Mélenchon !« …Si l’on ne peut s’empêcher de rire, quoique estomaqués, devant tant de mauvaise foi (il n’est à ce moment précis de cet éditorial pas encore question de se demander si la perquisition est justifiée, seulement, un homme politique de l’envergure de Jean-Luc Mélenchon ne peut pas se comporter, même s’il est dans son bon droit, ce que l’avenir nous dira, de la sorte envers un agent des forces de l’ordre qui ne fait qu’exécuter les ordres qu’on lui a donné), la suite devient nettement moins drôle.

Alors que les Insoumis tentent de faire craquer la porte retenue par les policiers, une autre porte s’ouvre et ils pénètrent dans leurs locaux, où les policiers ainsi que le procureur en charge de l’affaire, sont présents. Des noms d’oiseaux fusent, un policier et un militant en viennent aux mains, Alexis Corbière, hors de lui, ordonne au policier de ne pas toucher à un « camarade« , les forces de l’ordre montent sur les tables. Tous sortent leurs téléphones pour filmer la scène, et Mélenchon, rencontrant quelques difficultés à réaliser la captation, insinue même que Facebook serait de mèche avec la justice dans le complot mené contre lui.

Une perquisition interrompue

Jean-Luc Mélenchon finit par pousser le procureur contre un mur avant qu’un agent intervienne et repousse à son tour Mélenchon, provoquant la colère de la foule que l’on ose s’en prendre physiquement au président du Parti, ce à quoi le policier répond que c’est bien Mélenchon qui a commencé à en venir aux mains (ce que les images semblent avérer), ce que l’intéressé nie (second acte de mauvaise foi). La perquisition finit par être interrompue devant la tension qui règne dans les locaux.

Une violente charge médiatique

Les journalistes attendent la sortie des Insoumis devant le siège. Mélenchon, le doigt touchant presque la caméra, adresse un message hargneux et empreint de déception à la Garde des Sceaux pour le manque de respect qu’elle aurait à son égard. En arrière-plan, Alexis Corbière est sur le point de fondre en larmes, et les militants de scander « Résistance ! ».

Fin du premier round. L’après-midi commence à l’Assemblée, où l’hémicycle est toujours plein le mercredi lors des séances de « questions au gouvernement« . Jean-Luc Mélenchon prend la parole et prononce un discours tonitruant, virulent, sur l’injustice de ce qu’il nomme « la mise en scène » de la procédure judiciaire qui touche son parti, et s’en prend personnellement au Premier Ministre Edouard Philippe en accusant le gouvernement de collusion avec le système judiciaire.

Son micro finit par être coupé alors qu’une partie de l’hémicycle est en train d’applaudir son réquisitoire contre la majorité. Il demande à ses collègues députés leur soutien devant ce qu’il considère être la fin d’un état de droit. Le Rassemblement National, représenté par Marine Le Pen, Louis Alliott & Gilbert Collard applaudit et se joint pour une fois à la cause de leur meilleur ennemi.

Ruffin, Mélenchon: les Insoumis ont-t-il la bonne stratégie ?

Le Premier Ministre tente de répondre de manière apaisée en insistant sur l’indépendance de la justice et assurant n’avoir donné aucunes directives d’aucune sorte. Son discours ne semble convaincre personne et le nom de Benalla est prononcé par plusieurs députés. Le gouvernement, dans l’attente de son remaniement et pointé du doigt depuis des mois par la procédure judiciaire autour d’Alexandre Benalla et de la mansuétude avec laquelle il aurait été traité ne peut rien répliquer.

Peut-on accepter une telle virulence ?

L’on ne peut accepter qu’un homme comme Jean-Luc Mélenchon, qui a toujours dénoncé les diverses tentatives de fuite des hommes et des femmes politiques devant la justice, quitte à rappeler fièrement lors du débat à 5 lors des élections présidentielles de l’an dernier qu’il était, contrairement l’une des rares personnalités politiques à ne pas traîner de casseroles (l’attaque était évidemment portée à François Fillon & Marine Le Pen, présents ce soir-là pour débattre), se comporte d’une manière hystérique, voire violente alors qu’une procédure ayant à peine débutée amène logiquement à une perquisition des lieux stratégiques relatifs à l’affaire, tout comme l’on condamnerait tout acte de violence commis par n’importe quelle personnalité ou entité politique.

Toutefois, tels que les arguments qu’il avance à la tribune de l’Assemblée tendent à l’affirmer, les raisons du bienfondé de la procédure en elle-même demeurent fragiles.

Il est encore trop tôt pour évaluer si la réaction était odieuse ou humaine. Tout dépendra de sa responsabilité (et de celle du parti qu’il représente) dans les faits ayant justifiés la procédure. Il ne serait alors pas anormal pour le chef de file de l’opposition de craindre, s’il s’avérerait qu’il soit réellement vierge de toute malversation, que la manière dont ont été conduites ces perquisitions relèvent du complot ou du coup politique visant à le discréditer et son emportement, bien que condamnable, paraîtrait humain.

Second tollé après l’affaire Ruffin

Cette polémique rocambolesque s’insère à la suite du coup de colère du député François Ruffin, qui la semaine dernière avait fustigé le gouvernement pour avoir refusé un texte de loi proposé à l’origine par un député Les Républicains, concernant les enfants handicapés ainsi les dispositifs d’aides à leur disposition (et le nombre de personnel à leur disposition). La République en Marche avait rejeté le projet, trouvant que son contenu n’apportait rien.

Cette sortie médiatique avait été qualifiée de « coup de com » par une bonne partie des commentateurs de la vie politique, ainsi que par la majorité (Jean-Michel Blanquer ayant qualifié l’attitude de Ruffin de « lamentable« ), ce que François Ruffin avait confirmé (« Oui c’est un coup de pub, oui le travail législatif c’est de la foutaise »), avant d’assurer au micro de Jean-Jacques Bourdin sur RMC qu’il avait prévenu les députés LREM qu’il ne laisserait pas passer le rejet de ce texte. C’est Sophie Cluzel, la secrétaire d’état au handicap qui lui avait alors répondu non sans colère.

La fin de l’invulnérabilité politique ?

Ce qu’il s’est passé aujourd’hui au siège des Insoumis et au domicile de son président est néanmoins révélateur du sentiment d’intouchabilité qui habite encore l’homme politique et de son incompréhension quant à ce que vit le français lambda.

La nature de la colère froide et qui nous apparaît extrême de la France Insoumise semble s’expliquer par le fait que la justice ait osée perquisitionner (car il ne s’agit pour le moment que d’une perquisition) leur leader, comme si ce simple fait justifiait l’indignité ; incompatible avec ce que l’on attend de la classe politique ; avec laquelle ce sont comportés certains cadres du parti en se commettant dans des provocations et des affrontements avec les forces de l’ordre.

La France Insoumise a beau se réclamer la plus à l’écoute de la population française, des classes les plus populaires, elle n’a réellement découvert qu’aujourd’hui ce que chaque citoyen (qui n’a pas la condition sociale ni les avantages parlementaires dont Jean-Luc Mélenchon s’est vanté ce matin pour légitimer un comportement immature qui ne peut que ternir son image, au détriment des valeurs qu’il défend par ailleurs) vit lorsqu’il est soupçonné par la justice d’un quelconque méfait et que les forces de l’ordre viennent perquisitionner leur domicile.

L’image de la classe politique

Jean-Luc Mélenchon ne semble apparemment pas avoir supporté, parce que son honneur est en jeu (et s’il est blanchi des soupçons pesant contre son intégrité, on lui pardonnera aisément) d’être traité comme n’importe quel citoyen. Mais il va de l’honneur de la France et de ses citoyens que plus jamais, de telles images de nos élus, soumis à des devoirs d’exemplarité, ne viennent à être publiées. Pour cela, il ne semble y avoir qu’une seule solution: qu’ils ne renouvellent pas ce spectacle des plus pitoyables. 

Live A. Jéjé

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