L’édito du 14/11: Suicide de Maggy Biskupski, flic pas si « intègre »

14 Novembre Maggy Biskupski
Please follow and like us:
RSS
Follow by Email
Twitter
Visit Us
Follow Me
YouTube
Instagram

Maggy Biskupski n’avait pas la même intégrité qu’elle demandait aux citoyens

par Live A. Jéjé

Maggy Biskupski, policière de 36 ans, s’est suicidée. La présidente du mouvement des Policiers en colère a mis fin à ses jours avec son arme de service. 

Une présence médiatique mal perçue 

Elle avait le tour des plateaux télés ces dernières semaines, suite à la multiplication des phénomènes de délinquance juvénile et le raz-le-bol des conditions de travail des policiers. Maggy Biskupski était une policière de 36 ans, engagée, combative, courageuse.

Sur le plateau des Terriens du Samedi, elle avait été prise à partie par Yann Moix qui lui avait demandé d’arrêter de se « victimiser » et qui reprochait à la police d’une façon plus générale de « chier dans leurs frocs« . Une critique cinglante de la part du romancier et cinéaste qui avait au printemps dernier dénoncé les traitements intolérables infligés par la police aux migrants de Calais.

Le débat de Balance ton post

A l’occasion d’un débat dans Balance ton post, présenté par Cyril Hanouna, quelques jours plus tard, Maggy Biskupski avait déclenché la colère de nombre d’internautes qui lui avait reproché sa condescendance voire son mépris face à Théo Luhaka, victime présumée d’une agression sexuelle de la part de policiers en début d’année 2017.

Ce débat avait fait l’objet d’un Débrief TV sur notre journal, Le Débrief TV: Recrudescence de la délinquance ? (Balance ton post), où était décrypté l’attitude des policiers présents (Guillaume Lebeau et Maggy Biskupski), typique de l’attitude méprisante et du manque de remise en cause des forces de l’ordre dans leur rapport au citoyen.

Dans le collimateur de la police des polices

Une présence médiatique qui ne plaisait pas qu’au public. En effet, l’IGPN (l’Inspection Générale des services de Police Nationale) s’était acharnée sur la policière depuis le lancement de son mouvement, suite à l’agression dont avait été victime des policiers à Viry-Châtillon en 2016. Elle avait échappé de peu à l’avertissement de la part des « boeufs« , comme sont nommés les agents de l’ex-IGS (Inspection Générale des Services).

Un combat légitime mais…

On ne connaît que trop bien les méthodes parfois perfides de l’IGPN (la série Braquo, créée par Olivier Marchal, nous l’avait exposé), et les conditions de travail que dénonçait Maggy Biskupski étaient véridiques.

Certes, l’IGS, puis l’IGPN qui lui a succédé, ne jouit pas d’une bonne image au sein du corps policier, mais ce sont des services indispensables afin d’assurer le bon fonctionnement de l’exécution des directives et législations en matière de justice et de sécurité. Bien qu’ils feraient mieux de s’intéresser à des problèmes plus symboliques mais au combien importants pour le lambda comme le contrôle au faciès, les débordements multiples de la police dans leurs interventions au quotidien, plutôt que de chercher des poux aux OPJ qui, dans l’optique de l’arrestation d’un criminel, doivent parfois faire fi, dans une certaine mesure, du protocole.

Fi de l’attitude de la police

Maggy Biskupski menait un combat légitime pour ce qui était des difficultés que rencontrent les forces de l’ordre à cause de leur propre hiérarchie. Mais qui manquait cruellement de remise en question lorsqu’il s’agissait de parler de la haine du flic et des comportements des policiers sur le terrain, dans des affaires banales, telles que les contrôles d’identité, les arrestations de petits délinquants, qui se caractérise le plus souvent par des propos arbitraires, arrogants, supérieurs, quand il ne s’agit tout simplement pas de violences injustifiées ou d’un manque de respect généralisé, qui s’il trouve son origine dans le propre manque de respect dont ils sont victimes de la part des citoyens, mais qui restent condamnables de la part d’une institution se devant de donner l’exemple.

Maggy Biskupski, dans les interventions médiatiques auxquelles elle avait prise part, semblait rentrer parfaitement dans cette description. Elle-même reconnaissait que la police avait, du fait des ordres reçus par leur hiérarchie, soumis à la « politique du chiffre« , une mauvaise image parce qu’elle se trouve obligée de faire des histoires aux honnêtes gens plutôt qu’à s’en prendre aux vrais délinquants et criminels.

On a l’impression d’emmerder le citoyen lambda qui s’est mal garé plutôt que les vrais délinquants. Tu finis par t’habituer à ce qu’une partie de la population te déteste.

On interpelle toujours les mêmes délinquants. Parfois on les recroise dès le lendemain !

Bien qu’affirmant ceci, sa prestation dans Balance ton post sur C8 en octobre dernier avait laissé paraître peu d’empathie, notamment à l’égard de Théo Luhaka, dont l’affaire portant son nom, qui continue de susciter des doutes aux vues des déclarations changeantes de la présumée victime (et des accusations de détournement d’argent public dont la famille Luhaka est suspectée).

Maggy Biskupski n’était pas si intègre que cela 

Quoi que l’on puisse reprocher à la police, il est dramatique de constater le suicide d’une femme qui avait été abandonnée, voire carrément embêtée par sa hiérarchie, et il est grand temps de reposer sur la table, de façon véritable, la question des conditions de travail d’une police qui a trop souvent tendance à se venger sur la population, consciemment ou non.

Toutefois, de nouvelles révélations, parues suite à son suicide, viennent remettre en cause l’intégrité de Maggy Biskupski et sa dénonciation de la délinquance. En effet, il apparaît; bien qu’il est normal de ne pas, à l’heure où cet article paraît, extrapoler sur les raisons du suicide de cette jeune femme; que Maggy Biskupski a elle-même, durant les dernières semaines de sa vie, cédé aux sirènes de la délinquance. Une somme avoisinant le millier d’euros avait été détournée par la policière des fonds du Mouvement des Policiers en colère, pour rembourser une dette personnelle.

Une demande d’aveux publics

Si certains de ses collègues, au sein du mouvement, avaient accepté d’étouffer l’affaire et de laisser Maggy Biskupski rembourser la dette, d’autres réclamaient, par crainte que la presse l’apprenne et que l’image des policiers en souffre davantage, que la policière se dénonce publiquement pour son acte.

Le suicide de Maggy Biskupski sonne comme terrible, tant elle est dramatique pour elle et sa famille, tant elle dénote d’une hiérarchie agonisante ne faisant que renforcer le discrédit de la police et tant elle montre que l’institution policière devrait revoir son comportement envers les citoyens et arrêter de dénoncer l’explosion d’une délinquance à laquelle des personnes comme Maggy participent lorsqu’elle détournât les fonds de son association. Et de rappeler à la police qu’elle doit, peu importe tout ce qu’elle peut subir, donner l’exemple (et ne pas mépriser le peuple français comme elle le fait au quotidien par des attitudes vindicatives et arbitraires), un exemple que Maggy Biskupski ne donnait visiblement pas lorsqu’elle se cachait derrière sa fonction pour commettre des délits de nature financière.

Live A. Jéjé

 

Please follow and like us:
RSS
Follow by Email
Twitter
Visit Us
Follow Me
YouTube
Instagram