L’édito de la St-Valentin: Homophobes, allez vous faire vous enculer !

14 février homophobie lyes allouane
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Alors que les boutiques ont fait leur plein de chocolats, de fleurs, de bijoux et autres Wonderbox et que les amoureux célébreront dans quelques heures leurs Valentin(e)s, hier soir, lors de la quotidienne de « Touche pas à mon poste », la bande de Cyril Hanouna est revenue sur l’agression commise à l’encontre d’un jeune militant homosexuel en banlieue et Matthieu Delormeau, l’un des chroniqueurs phares de l’émission, s’est exprimé dans un moment d’émotion palpable sur le harcèlement constant dont il est victime depuis qu’il assume sa bisexualité.

            Le fléau homophobe

            Les français ont toujours été divisés sur l’homophobie. Qui pourrait croire qu’en 2019, avec la promulgation du mariage pour tous, le droit à l’adoption pour les couples de même sexe, le pacs, le controversé PREP, sorte de « pilule de la veille » évitant la contamination, qui vient de débarquer sur l’Hexagone et que nombre de personnes, homosexuelles ou non, tout en reconnaissant le progrès médical conséquent dont il est question, dénoncent comme étant un pas de plus dans ce sentier d’irresponsabilité généralisée des individus qui englobe tous les aspects de la société, que l’homophobie serait encore une des discriminations les plus répandues (d’après certaines études statistiques d’instituts renommés, contributeurs pour l’Insee et autres institutions officielles, à l’image de Statista, et des associations comme SOS Homophobie les actes discriminatoires perpétrés par des « LGBTophobes » seraient, à titre d’exemple et alors que la seconde est désormais très médiatisée, au centre de tous les débats, cinq à dix fois plus fréquents que les actes discriminatoires à l’encontre des personnes d’obédience musulmane) ?

C’est pourtant bien le cas. Si une majorité de français restent ancrés, au sujet de leurs concitoyens gays, bis, trans, dans des clichés qui vont d’une simple ignorance populaire sur tel aspect de la vie des individus en question à des caricatures, plus bêtes que méchantes qui ne revêtissent, dans chacun des cas, pas de caractère profondément discriminatoire, un nombre encore important ne cache pas leur condamnation et leur répulsion sans appel au sujet de l’homosexualité. Militants et sympathisants d’extrême-droite, bourgeoisie catholique de droite, paysans, cadres moyens, ouvriers…L’influence des prescriptions des trois grandes religions monothéistes françaises a évidemment un rôle central dans l’explication de ce dégoût manifeste, et certains périmètres bien définis, des petites villages ruraux comme des cités de banlieue, deviennent alors l’enfer sur terre pour les personnes voulant assumer librement leur orientation sexuelle minoritaire.

            Une homophobie des quartiers populaires particulièrement violente

            « Envoyé Spécial« , dans son numéro du 7 février dernier, avait fait scandale en décidant de diffuser, après montage, l’agression subie par Lyes Alouane, un jeune militant homosexuel, d’origine maghrébine, par d’autres jeunes de Gennevilliers, ville où il réside, et où il est, de par son homosexualité d’abord, l’exposant à des injures et bousculades, quand ce n’est pas pire, continues, et de par son implication militante, découlant directement des agressions quotidiennes qu’il essuie, dans la lutte contre l’homophobie, une cible privilégiée des « mecs de cités », aliénés à l’homophobie latente du rap français et aux codes profondément inégalitaires, sur tout ce qui attrait à la minorité démographique ou au sexisme, de l’environnement banlieusard.

Il convient de préciser que contrairement à ce qu’a prétendu depuis une semaine l’élan de condamnation qui s’en est suivi sur les réseaux sociaux à l’endroit de l’équipe de tournage d’ »Envoyé Spécial« , à savoir qu’elle ne serait pas intervenue et qu’elle a décidé de diffuser la séquence, l’équipe de tournage est bien intervenue durant l’agression, comme l’assure la victime Lyes Alouane, et qu’il demeure certainement plus utile de combattre l’homophobie en diffusant ces images détestables qu’en décidant de les censurer justement parce qu’elle sont violentes.

Un grand moment d’émotion à TPMP

Hier soir, Cyril Hanouna accueillait Lyes Alouane dans la dernière partie de son talk-show « Touche pas à mon poste » afin de débattre avec les chroniqueurs du bienfondé de la décision de France 2 et de la rédaction d’« Envoyé spécial » d’avoir diffusé son agression. L’équipe de chroniqueurs, comme les téléspectateurs, ont été très émus de la réaction épidermique de Matthieu Delormeau, qui s’est exprimé à propos du harcèlement qu’il subit dans sa vie quotidienne, l’ayant poussé, tout comme Lyes Alouane, à commencer un travail thérapeutique auprès d’un psychiatre, et le plongeant dans une déprime paranoïaque, où les anxiolytiques ne suffisent pas à dissiper ses peurs d’être de nouveau agressé, peur si contraignante qu’il affirme sortir désormais « armé ».

            Homophobie en cités : entre hypocrisie et sadisme ?

            L’animateur est également revenu sur d’autres témoignages de jeunes homosexuels ou bisexuels ayant dû fuir les quartiers populaires où ils étudiaient, les poussant à rallonger parfois par deux leurs temps de transport quotidien pour privilégier la capitale, étant reconnu qu’intra-muros, les violences relatives aux orientations sexuelles minoritaires sont moins importantes, bien que persistantes, et que l’homosexualité en général est en majorité mieux acceptée qu’ailleurs.

            Des constats très inquiétants, qui plus est lorsque l’on a pu voir de ses propres yeux, comme je peux en témoigner en toute tranquillité, hétérosexuel blanc vivant en banlieue, quel est le degré de violence, verbale ou physique, auxquels sont soumis les homosexuels dans ces territoires, plus particulièrement au sein des cités. Et ce qui m’est apparu d’autant plus flagrant au fur et à mesure de témoignages anecdotiques recueillis au cours des années et de recherches effectuées sur la question, est qu’il règne une hypocrisie latente d’un nombre non-négligeable de gars de banlieue qui expriment librement leur homophobie, parce qu’il leur est enseigné dès le plus jeune âge que l’homosexualité est condamnable, tout en refoulant plus ou moins facilement leurs propres pulsions ou fantasmes d’« hétéros curieux ».

Au cours de mes recherches sur le sujet, un argument principal, pour le moins curieux, s’est démarqué par sa récurrence :

 Nous, quand on se fait sucer par des gays, ou qu’on les encule, on est pas homos. Juste, il faut qu’on baise. On les prend comme on prendrait des femmes .

La seule conclusion que l’on pourrait tirer de ce raisonnement, si tant est qu’on en crédite un de ces propos, sous-entendrait que pour cette catégorie d’homophobes, seul le passif, le pénétré pourrait être qualifié de « pédé ». Argument contradictoire, puisqu’ils vont, dans la sphère commune ; en réalité afin de n’éveiller aucun soupçon d’attirance pour un autre homme et devenir à leur tour la lie de ce monde ; opprimer l’actif autant que le passif, ne pouvant les différencier que dans de rares cas.

            Comment va s’exprimer dans les actes, et oserais-je dire l’acte sexuel, ce point de vue qui en plus de relever un problème de pertinence, est empreint de misogynie ? Ces mêmes types se « soulagent », lorsqu’ils sont célibataires, ou dans le but d’assouvir des fantasmes qu’ils ne voudraient pas pratiquer avec leur compagne, parce qu’elles revêtissent un caractère « hardcore », « irrespectueux », auprès de ce qu’ils nomment principalement des « lopes », à savoir des gays qui aiment être dominés par d’autres hommes, peu importe leur orientation sexuelle. Les insultes, coups, pratiques fétichistes et considérées comme « extrêmes » sont monnaie courante au sein de ces batifolages organisés en toute discrétion, où l’actif exprime sa « virilité » dans ce qu’elle a de plus totale, tandis qu’il attend de son partenaire qu’il soit le plus docile et vicieux possible.

Une lutte à mener

            Il n’est pas là question de condamner de quelconques pratiques, rites ou mises en situations sexuels. Simplement de regretter que ces mêmes personnes continuent de se conformer à l’avis majoritaire des quartiers, composés en partie d’homophobes farouches, et d’être complices et de par la sorte bourreaux des discriminations homophobes, discriminations auxquelles il est capital de tordre le cou une bonne fois pour toutes, tant elles sont répugnantes d’arriérisme.

            Live A. Jéjé

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