Le Désintox – Brésil: Non, Lula n’a pas été innocenté

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Le Supplément Enragé inaugure une nouvelle rubrique, Le Désintox, chargée de rétablir la vérité face aux nombreuses fake-news ou manipulations de l’information, avec aujourd’hui l’annulation des condamnations prononcées à l’encontre de l’ancien président brésilien Lula.

par Live A. Jéjé

La nouvelle suscite actuellement l’espoir de nombre de brésiliens. Lula, ancien président de la République, élu en 2003, réélu en 2006, a vu les condamnations prononcées à son encontre par la Cour de justice de Curitaba entre 2017 et 2019 dans le cadre de plusieurs affaires de corruption – le contraignant par son emprisonnement début 2018 à se retirer de la course à la présidentielle et à une éventuelle nouvelle réélection, finalement remportée sur le fil par le candidat d’extrême-droite Jair Bolsonaro – annulées par le juge Fachin de la Cour Suprême.

Le Parti des Travailleurs (PT), dont il est le fondateur, n’a guère tardé à saluer sur Twitter ce nouveau coup de théâtre, qui a provoqué la stupéfaction des Brésiliens, en laissant croire que Lula avait été innocenté.

 

PT twitter Lula pas innocenté
La réaction du Parti des Travailleurs sur Twitter.

Une déclaration sobre, concise, intelligemment nuancée par des discours prudents, appelant les militants et sympathisants à ne pas faire de plans sur la comète, mais dont on peut largement soupçonner le dessein malhonnête, jouant sur le flou qu’entraîne la décision rendue. Si effectivement, elle rend, par état de fait, l’ex-chef d’Etat provisoirement innocent, le PT, par ce simple « Lula innocent », omet de préciser qu’il reste suspecté dans 5 des 6 dossiers où son nom est apparu (ayant été acquitté dans le sixième), dont les 4 pour lesquels il avait été condamné. En réalité, l’arrêt de la Cour Suprême n’a pas été motivé par l’apparition de preuves établissant l’innocence de celui qui est resté plus d’un an derrière les barreaux, mais parce qu’il est apparu que le tribunal de Curitaba n’avait pas la compétence juridique nécessaire afin de juger ce type d’affaires. Lula devra donc bien répondre des actes qui lui sont reprochés, cette fois devant les juges fédéraux de la capitale.

La manœuvre du PT était, en ce qui relève de la pure stratégie politique, des plus habiles. A un an des prochaines élections présidentielles, les sondages prédisent la défaite du parti, et la victoire du président sortant à sa réélection, malgré une impopularité qui ne cesse de croître, dans toutes les configurations imaginées, à l’exception d’un duel Bolsonaro / Lula, alors que celui-ci est redevenu pour l’opinion la principale figure d’opposition depuis son appel de mai dernier à la destitution de chef de l’Etat, qu’il accuse d’interférences avec la justice et d’une gestion inconsciente de la crise sanitaire relative à la pandémie de la COVID19, rejoignant l’avis de nombre politiques et éditorialistes, qui n’hésitent pas à la qualifier de « catastrophique ». L’annulation des condamnations de Lula le réinvestissant de ses droits civiques, il peut prétendre, si le PT l’investit, porter les couleurs de son mouvement, tant que la Cour de Brasilia ne se sera prononcée en sa défaveur, pour accomplir un troisième mandat. Et la réaction prévisible du pouvoir en place, désormais désavoué par une majorité de brésiliens, dénonçant de prétendus « liens très forts » entre le juge Fachin et le PT n’a fait qu’entériner un peu plus, à l’image des réactions contreproductives du président Trump durant son mandat quant à la collusion entre la justice et le Parti Démocrate, la réussite de cette instrumentalisation par le PT du renvoi de la Cour Suprême.

Sources
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