Le Débrief TV: Lettre ouverte à Solveig Halloin (Balance ton Post)

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Dans Balance ton post, le Vendredi 30 Novembre, Solveig Halloin et ses comparses militant(e)s se sont fait exclure du plateau suite à un violent débat sur la prostitution. 

Lettre ouverte à Mme Halloin…

par Live A. Jéjé

Mme Halloin, chronique d’un gâchis télévisuel

Mme Halloin, la nuit du vendredi à samedi fut éprouvante, tant pour vous que pour moi. Pour vous, invitée dans Balance ton post pour traiter de deux sujets différents, d’abord « Faut-il fermer les abattoirs ? » puis « Doit-on dépénaliser la prostitution ? » pour l’image désastreuse que vous avez donné de vous, jusqu’à monter sur une table en répandant, avec vos camarades, du sang vos tee-shirts et des invectives à quiconque se trouvait autour de vous. Pour moi, comme pour des centaines de milliers de téléspectateurs, pour nos tympans tout d’abord et pour le malaise que vous nous avez inspiré, hélas dénué d’empathie devant votre comportement. Mais plus grave encore, pour le combat que vous défendez et que vous avez desservi.

Et pourtant Mme Halloin…pourtant, vos idées ne sont pas toutes à jeter à la poubelle. Vos revendications sont parfois pertinentes. Mais à l’image de nombre de mouvements militants, face à l’impossibilité de débattre, de discuter, l’intégrisme qui vous caractérise, vous vous êtes fait l’idiote utile de ce que vous combattez.

Une attitude caractéristique des nouveaux militants intégristes

Mme Halloin, comme la quasi-totalité des mouvements progressistes (je ne dirais pas humanistes, puisque à en croire votre compte Twitter, vous considériez l’humanisme comme un fascisme), vous usez vous-mêmes de procédés fascistes. Monopolisation de la parole; vous plaidez d’ailleurs coupable de ne pas vouloir débattre car selon vous il n’y a pas de débat à voir ; accusations à l’emporte-pièce (non Mme Halloin, Mr Bolloré, quoi que l’on pense de lui, n’a pas bâti sa fortune sur la prostitution et la traites des êtres humain), insultes à l’encontre des autres invités (« menteur« , « pédo-criminel » à l’encontre d’un consommateur de prostituées), et quand les arguments finissent par manquer, les habituels: « Vous êtes tous les complices de la prostitution » et enfin l’improvisation d’une manifestation en plein plateau.

Pourquoi ne pas vouloir débattre, Mme Halloin ?

Mme Halloin, et je le dis sans aucune gêne, ayant qui plus est des désaccords sur le fond avec vos thèses, comment pensez-vous convaincre quiconque avec de telles méthodes et une telle rhétorique ? J’aurais sincèrement aimé que vos arguments puissent être audibles, mais vos éructations hystériques n’ont retranscris sur nos écrans qu’une suite de beuglements dénués de sens. J’aurais sincèrement aimé que votre discours puisse venir stimuler ma pensée, remettre en cause mes opinions. Mais vous avez choisi, comme l’ensemble des mouvements anticapitalistes militants non seulement la voie de la dictature de la pensée, mais la voix d’une agression généralisée.

Mme Halloin, pourquoi, comme Mme Carole Léaux quelques semaines avant vous sur ce même plateau (lors d’un débat sur le porno amateur), vos lèvres sont-elles si pincées. Pourquoi voit-on frémir une telle haine dans vos yeux, à chaque instant ? Je cèderais à ce que vous appelez « machisme », j’y verrais uniquement un constat, pour vous rappeler que derrière vos colères, derrières les traits de rage qui durcissent votre visage, vous êtes, comme Mme Léaux de belles femmes. Ne savez-vous pas, Mme Halloin, que la communication est un art, que la capacité de sensibiliser le public à une cause, à un combat, passe aussi par une maîtrise d’une image, qui n’inspire pas la réticence, telle qu’elle l’inspire lorsque l’on vous voit et vous écoute.

Quelles solutions face à la prostitution ? 

Mme Halloin, votre cause peut sembler juste. Mais dans quel monde vivez-vous ? Celui des idéalistes qui ne feront jamais bouger les choses, parce qu’ils ne souhaitent finalement guère que les choses changent, plus soucieux, dans un souci d’orgueil, d’entretenir avant tout l’image de révolutionnaires, de résistants, de combattants, je vous laisse le choix du sobriquet qui vous conviendra le mieux, que de faire avancer concrètement vos combats. Pensez-vous réellement que la prostitution disparaîtra un jour ? Nous connaissons, vous comme moi, la réponse à la question. A partir de là, quelle solution pouvons-nous apporter à ce que vous dénoncez avec justesse, la traite sexuelle.

Je ne vois qu’une solution : la réouverture des maisons closes. Certes, je vous sens déjà bondir Mme Halloin, mais dans l’optique dérisoire où vous me lisiez (et dans celle encore plus dérisoire où si c’est le cas, vous n’avez pas encore mis fin à votre lecture depuis plusieurs paragraphes), laissez-moi tenter de vous expliquer pourquoi, pour quelles raisons c’est à l’heure actuelle le meilleur compromis qui puisse être trouvé. Des milliers de femmes, la plupart immigrées, se font baiser sans le moindre respect du client pour leur corps, plusieurs fois par jour, contraintes, sous l’influence maléfique d’un maquereau sans pitié. A l’air libre, dans les bois, dans des caravanes miteuses.

Les bienfaits de la réouverture des maisons closes

Mme Halloin, la réouverture des claques, mêlée à une vaste campagne « d’assainissement » des zones où la prostitution se concentre, ne garantit pas à coup sûr la fin de la violence faite aux femmes non-consentantes victimes de la prostitution, mais permettra déjà de réduire, par le déroulement des passes dans un environnement plus hygiénique (et plus confortable, les prostituées subissant une pénibilité du travail n’ayant rien à envier aux ouvriers) les risques de transmissions d’IST (Infections Sexuellement Transmissibles), car il convient de le rappeler, le SIDA n’est pas le seul risque qu’encourent prostituées comme client. La réouverture permettrait, si elle est faite dans de bonnes conditions, la présence de médecins, à une occurrence régulière, et des contrôles de l’inspection du travail extrêmement rigoureux, qui pourraient discerner quel(le)s proxénètes forcent des pauvres filles à donner leur corps pour une somme dont elles ne profiteront même pas, et lesquel(le)s feront les choses dans les règles, n’hébergeant que des travailleurs du sexe consentants. Certes, une poignée de macs malhonnêtes, dont ne m’inspirent que le plus profond dégoût, arriveront toujours à passer entre les mailles du filet, mais cela réussira à en faire tomber une grosse partie.

Mme Halloin, je vous en conjure, faites-vous aider

Enfin Mme Halloin, et même si ce procédé me gêne, je ne peux exclure que votre propre hystérie, votre combat intégriste, est liée à votre propre parcours. Vous prétendez avoir été victime d’une agression sexuelle par un metteur en scène et comédien notoire (j’emploie le terme « prétendre » car il ne m’appartient pas de reconnaître le caractère véridique de vos propos, mais s’ils le sont, je ne peux que compatir, à défaut de pouvoir imaginer ce que vous avez pu endurer, et condamner ce qui vous serait arrivé). Votre passage dans Balance ton post se rapproche de l’agression verbale dont fut victime Sandrine Rousseau (femme politique, membre du parti Europe Ecologie les Verts, victime d’agression sexuelle au sein de son parti) par une Christine Angot (elle aussi par le passé victime, bien que dans son histoire, le terme soit plus clivant) dont vous n’avez guère à envier l’hystérie.

Ne pas prétendre détenir la vérité absolue

Mme Halloin, si vous avez subi l’une des pires choses qu’une femme puisse subir, et il apparaît évident lorsque l’on vous écoute que vous en portez encore les stigmates, ce à quoi j’espère que vous finirez par aller mieux, mais un suivi thérapeutique, voire psychiatrique, semble chez vous s’imposer (ou se renforcer s’il fut déjà entrepris) ; et il sera inutile de croire que si je vous donne ces conseils, c’est parce que vous êtes une femme, et j’en veux pour preuve les critiques tout aussi virulentes déjà adressées à des hommes dans mes précédents articles ; cela ne vous donne pas toute la légitimité pour imposer vos revendications comme si vous déteniez la parole absolue, la vraie. Parce que le viol et la prostitution, lorsqu’elle est consentie (et bien que vous prétendiez le contraire, que chaque travailleur ou travailleuse du sexe subit un travail forcé, comme vous l’avez assuré sur le plateau d’Eric Naulleau, qui remplaçait ce soir-là Cyril Hanouna, devant des travailleurs du sexe pleinement consentants), ne sont pas la même chose. Et même si cela l’était, vous ne détenez pas la vérité absolue. Seulement celle d’un militantisme extrémiste qui va à l’encontre de toute forme de démocratie.

Live A. Jéjé

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