L’union de la gauche pour les élections présidentielle ?

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Une nouvelle Enquête du Supplément Enragée sur l’état de la gauche française deux ans avant la prochaine élection présidentielle.

La campagne présidentielle débute progressivement. Election symbolique dans la Ve République, c’est bien elle qui donne le tempo et suscite des passions, bien devant les autres élections, elle conditionne le calendrier électoral. De fait, les élections locales (départementales et régionales) font office pour les personnalités politiques de sondages d’opinion.

Par Romain Labiaule

Transition écologique … Et transition politique ?

Qui ne se souvient pas des heures d’euphorie de Yannick Jadot, patron du parti Europe Ecologie Les Verts (EELV) à la suite des élections municipales dernières, où beaucoup de grandes, moyennes et petites villes françaises ont vu apparaître des leaders Verts. Yannick Jadot était un peu moins insistant sur le taux d’abstention misérable de ces élections, qui par endroit dépassait les 70%, ou sur le fait que les Verts n’ont pas gagné seuls mais bien avec des alliances à gauche (Parti Socialiste, Parti Communiste, etc.).

Depuis, les partis politiques anticipent différemment les élections régionales, départementales et présidentielles. Les élections européennes avaient déjà donné beaucoup de lumière à EELV, mais les scores traditionnellement élevés à ces élections n’avaient pas suscités le même espoir que les élections municipales, ces dernières ayant confirmés une forme de transition politique.

Un mouvement de rassemblement

Le PS et EELV en pré-nogications

Photo issue du Parisien, Jannick Alimi
Olivier Faure et Yannick Jadot qui échangent lors des universités d’été du PS à Blois

Qui fera donc alliance avec qui aux élections présidentielles ? Le ton est donné en Ile-de-France, alors que Julien Bayou, secrétaire national du parti EELV, a déclaré sa candidature pour les élections régionales franciliennes.

Julien Bayou

 

 » Il y aura une candidature écologiste »

Julien Bayou, secrétaire national d’EELV

Le secrétaire national et ancien porte-parole a accordé plusieurs interviews dans les médias, ce qui a permis de mieux cerner l’état d’esprit des Verts, qui ont le vent en poupe, pour les élections locales et présidentielles. Il y a aura donc une candidature écolo, pas forcément issue du parti EELV, mais qui pourrait venir des différents partis partenaires des universités d’été de EELV.

Et surprise … Le Parti Socialiste (PS) n’était pas présent, mais Génération.s, le parti du candidat déchu Benoît Hamon, oui. Les négociations entre EELV et le PS s’avèrent donc plus ardues, les deux étant parfaitement conscient qu’ils ne peuvent marcher sans l’autre.

Bien que Stéphane Troussel, président PS du département de la Seine-Saint-Denis était présent aux Universités d’été d’EELV à Pantin (93), cela ne présage pas des accords d’alliance des plus simples. Par ailleurs, Delphine Bathot, patronne du parti Génération écologie, partenaire d’EELV à leur université d’été, affirmait elle aussi face à Jean-Jacques Bourdin que la personne n’était pas importante mais la présence d’une candidature écologiste.

 

 

Olivier Faure, de son côté, en tant que patron du Parti Socialiste (PS), prône sans filtre la nécessaire union de la gauche pour les élections présidentielles. Olivier Faure semble fidèle à ses positions, puisque pour les dernières élections européennes, le Parti Socialiste n’était pas directement représenté mais avait pour image Raphaël Glusckmann, fondateur de Place Publique. Le Parti Socialiste pourrait rejouer cette stratégie en accordant le devant de la scène à un partenaire politique. Une position assez peu altruiste en somme puisque le Parti Socialiste est devenu presque résiduel, suite aux 6% aux dernières élections présidentielles.

Luc Carvounas
Luc Carvounas

D’autres personnalités appellent la gauche à se rassembler depuis les dernières européennes. On pense à Anne Hidalgo, maire PS de Paris réélue, qui trouvait les différences « ténues » entre les différentes candidatures de gauche écologistes aux élections européennes, ou encore Christiane Taubira, ancienne députée mais surtout Garde des Sceaux, qui appelait à ce que les gauches n’avancent pas chacune dans leur couloir.

Luc Carvounas, maire réélu d’Alfortville (94), vice-président de la métropole du Grand Paris et fondateur de La gauche arc-en-ciel, quant à lui, appelle également à ce que la gauche trouve un candidat commun, même au-delà du Parti Socialiste. Un positionnement qu’il défend notamment dans le cadre de la promotion du « livre blanc », rapport diffusé par la Fondation Jean Jaurès « Construire la résilience territoriale pour anticiper les chocs à venir ».

Les Insoumis et les Communistes se réconcilient

Sortis en difficultés des élections municipales, les communistes français, qui ont perdu des bastions de banlieue rouge, comme Saint-Denis ou Aubervilliers (93), veulent tout de même jouer un rôle dans l’avenir de la gauche française. Mais avec qui ? Telle est la question à laquelle le Parti Communiste Français (PCF) doit répondre. Il semblerait que la réponse ait été trouvée, puisqu’un rapprochement – naturel – s’opère aujourd’hui entre la France Insoumise, menée par le député Jean-Luc Mélenchon, invité aux universités du PCF.

Emergent alors deux blocs

Si les négociations se déroulent normalement, deux blocs pourront ressurgir. Le PS-EELV, duo émergent des élections municipales, et LFI-PCF, amants naturels mais brouillés. L’enjeu pour la gauche présidentielle sera donc d’être capable de réconcilier deux franges politiques. L’une modérée et opportuniste, l’autre aux inspirations plus radicales et révolutionnaires.

Pourtant l’ombre des dernières élections présidentielles pèse toujours. Benoît Hamon, candidat de la gauche inattendu, grand vainqueur des primaires de la gauche (sans la France Insoumise), abandonné par son parti, n’a fait que 6%. Jean-Luc Mélenchon, lui, faisait près de 20%, comme les quatre premiers candidats du premier tour. L’arithmétique oblige à penser que les deux candidats, alliés derrière une unique candidature, auraient accédé au second tour. Alors que B. Hamon et J-L Mélenchon s’étaient rencontrés plusieurs fois, cette défaite laisse un goût amer à la gauche.

Un rassemblement qui ressuscite le clivage gauche droite

union de la gauche emmanuel macron
Photographie: E. Macron, La Tribune Républicaine

Les élections municipales permettent aujourd’hui d’affirmer que, non, le clivage gauche-droite n’est pas éteins. Politique ou idéologique, ce clivage s’incarnera dans les différentes alliances qui ont ravivé les flammes partisanes. D’un côté, le parti présidentiel La République En Marche (LREM) s’est massivement tourné vers les candidats Les Républicains (LR), pour faire front face aux différentes alliances de gauche (PS-EELV-PCF-LFI). Un clivage réincarné qui permet d’imaginer qu’il sera conservé côté gauche.

Du côté de la droite, il est peu probable qu’une candidature LREM-LR émerge, tant la droite cherche aujourd’hui à se réincarner, après son effondrement aux élections européennes dernières. 

Un contexte politique en recomposition express qui sera à coup sûr une difficulté pour Emmanuel Macron, qui ne pourra pas jouir d’un climat ultra-favorable comme en 2017, mais devra rendre des comptes pour les multiples scandales qui jalonnent encore maintenant le quinquennat. 

 

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34 réflexions sur “L’union de la gauche pour les élections présidentielle ?

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