La Tribune du 8 Octobre – Policiers abattus à Herblay-sur-Oise: « je n’ai jamais aimé la police mais… »

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La Tribune du Supplément Enragé du 8 Octobre 2020 suite à la violente agression de deux policiers en civil, abattus par leurs propres armes à Herblay-sur-Seine.

par Live A. Jeje

Je n’ai jamais aimé la police mais je soutiendrai coûte que coûte ces agents tant que des abominations telles que celle perpétrée hier soir à Herblay-sur-Seine, où deux officiers en civil ont été victimes de 7 tirs de leurs propres pistolets qui leur avaient été arraché par des criminels qui pourrissent la réputation comme le moral des banlieues et de leurs habitants, laissant un des deux dans un état grave.

Une défiance naturelle mais du respect de l’institution

Je n’ai jamais aimé la police. Je le dis sans aucune honte. Je n’aime pas les attitudes propres aux différents archétypes de personnalités qui la composent : des malabars de la génération des Olivier Marchal, mal rasés, revenus de tout, qui se noient dans la biture et le gros rouge qui tâche, un peu fachos sur les bords, en voie de disparition (pour une retraite bien méritée) à leurs remplaçants, ces jeunes officiers arrogants, désagréables. C’est évident, mais je le souligne par souci d’enrayer toutes les critiques démagogues, il y a des agents très professionnels autant chez les uns que chez les autres. Mon introduction est caricaturale, et néanmoins non malhonnête. Mon regard déjà froid se durcit lorsqu’une voiture, officielle ou banalisée, passe dans une rue que je fréquente.

Le peu d’interactions qui m’ont amené dans des commissariats m’ont conforté dans ma défiance originelle. Pourquoi une telle méfiance m’a toujours saisi en leur présence ? Premièrement par tradition familiale, du côté paternel, sans doute.  De l’autre côté, utérin cette fois, il n’a pas manqué de membres qui ont embrassé le métier de douanier, à commencer par un grand-père incorruptible, extrêmement rigoureux, quitte à sombrer dans une sévérité excessive. Je ne parlerai pas des autres, de la même façon que je ne cherche pas à entretenir le moindre rapport avec eux, la faute au mépris que m’a toujours inspiré n’importe quels propos ou comportements racistes.

Le corps policier ne m’a jamais inspiré ni sympathie, ni confiance, et néanmoins, même lors de mes années terribles, adolescentes, où la subversion qui passa comme bien d’autres jeunes par la délinquance ; et un désir permanent de vivre chaque jour comme le dernier, dangereusement, sans restrictions d’aucunes sortes ; m’attiraient plus que l’école, la construction d’un avenir serein, la projection pour un projet professionnel, j’ai toujours défendu, quand je pensais qu’il était juste de le faire, ces mêmes keufs que je n’apprécie pas personnellement.

Mon incapacité à supporter la mauvaise foi y est pour beaucoup. Si j’eus beaucoup de chance de rarement me faire prendre en faute par cette corporation, le peu de fois où ce fut le cas, j’ai, pardonne l’expression, « porté mes couilles ». Lorsque l’on joue, quel que ce soit le jeu ; ce fameux « game » où nous sommes tant d’imbéciles à vouloir accéder à une part d’un gâteau déjà trop petit pour le nombre d’assiettes qui y prétendent ; ici contre la loi, il faut accepter de perdre. Accepter de se faire pincer.

C’est ce que je m’évertue à faire comprendre aux nombreux jeunes auprès de qui je suis intervenu et intervient encore, tant dans le cadre de mes activités que dans ma vie personnelle. Les conditions de vie, la précarité, les discriminations, le manque d’égalité des chances qui sévit dans les banlieues dans lesquelles j’ai vécu, tous ces éléments extérieurs, qui peuvent pousser des individus, par recherche d’un profit ou par mal-être, et qui, je ne le conteste guère, peuvent être, selon les profils et les problématiques qui leurs sont propres, peuvent être des circonstances atténuantes aux actes délinquants auxquels ils s’adonnent, ne permettront jamais de justifier de tels actes, comme beaucoup essayent de le faire par manque de courage.

Une police et des policiers dans une situation très inquiétante

Ainsi supporte-je avec maintes difficultés la mauvaise foi avec laquelle les fonctionnaires de police sont conspués depuis des mois, quand, il y a tout juste cinq ans, ils étaient remerciés pour le courage qu’ils manifestaient en pleine séquence d’attentats terroristes, n’hésitant pas à payer leur tribut, se sacrifiant pour que nous, simples citoyens, puissions ne pas devenir de nouvelles victimes de la barbarie et de l’obscurantisme. Ainsi me retiens-je de dénoncer autant que je le souhaiterais, le deux poids deux mesures constant qui rend suspect tout policier en cette période de frénésie où des délinquants de la pire espèce se voient soutenus par le principe par des mouvances et partis politiques de gauche, n’hésitant pas à s’allier objectivement avec des extrêmo-gauchistes dont le sectarisme et le caractère nauséabond de leurs idées n’a rien à envier aux pires idéologues d’extrême-droite. Où l’on préfère s’attaquer à Mme El Razhoui (qui est par ailleurs critique sur nombre de ses positions) lorsqu’elle évoque la possibilité de pouvoir autoriser les policiers, lorsqu’ils sont pris à parti par une trentaine d’individus munis de chaînes ou de battes de baseball, à se défendre avec leurs armes. Où l’on diffame l’institution, parce qu’une minorité des flics adoptent des comportements intolérables (et qui doivent dans ce cas-là être puni), par l’intermédiaire de personnalités médiatiques, intellectuels, artistes en tout genre, en parlant de « massacres » quotidiens subis par les banlieusards (ce qui relève d’une excessivité frôlant l’affabulation, et ne fait que tendre davantage les rapports déjà si complexes entre forces de l’ordre et citoyens). Où l’on voit défiler, partis politiques « progressistes » compris, des milliers d’individus vitupérant de soi-disant « policiers assassins » qui n’ont en vérité qu’effectuer leur travail auprès de délinquants en tort et en état de délit de fuite. Où l’on nous assène que cinquante délinquants sont morts en 15 ans lors d’arrestations musclées, quand le plus souvent, pour peu que l’on s’intéresse à chacune de ses affaires, le décès, toujours tragique, est plus lié à la volonté acharnée de ces délinquants de fuir coûte que coûte une arrestation qu’ils savent mériter. Et alors quand 6 000 policiers sont victimes de violences par an, et qu’une cinquantaine meurent des suites de leurs blessures (750 agents contre 50 délinquants en quinze ans, sans compter le nombre effroyable de suicides de fonctionnaires de police, pour qui travailler devient chaque jour un enfer, tant sur le terrain que par un manque de soutien et des consignes effarantes de leurs supérieurs).  

Je n’aime pas la police, mais ce qu’il s’est passé hier soir à Herblay-sur-Seine n’est pas que la seule conséquence de la violence faite par quelques criminels. Ce sont des mois, des années de plaidoyer anti-flics, d’une haine aveugle, absolue, palpable dans toutes les couches de la société, à commencer par les écoles, par les universités, Paris 8 (Vincennes – St-Denis) en tête, où l’on peut voir inscrit sur les murs « 1 flic = 1 balle » et où des enseignants néomarxistes, rêveurs d’une révolution qu’ils n’ont pas eu les couilles de faire et qu’ils souhaiteraient que la jeunesse qui peuple les amphithéâtres l’appliquent, peuvent sans risquer quoi que ce soit, prononcer, en plein cours, des phrases telles que : « un bon policier est un policier mort » ou encore « il faut les cramer ».

Combien de temps restera-t-on les yeux fermés face à ce que certains nomment « l’ensauvagement » (qui n’est certainement pas le terme le plus intelligent à employer…) ? Combien de temps les gouvernements vont-ils continuer de promettre de s’attaquer à la délinquance, à tenter de la faire baisser, à comprendre ce qui peut pousser un jeune adolescent à s’engouffrer dans le terrier de la criminalité et qui n’en sortira jamais vraiment, sans ne jamais rien faire concrètement ? Combien de temps les élus locaux qui dénoncent « l’insécurité », appelant à n’embaucher dans leurs communes que des personnes qui n’auraient jamais été condamnées pour des faits de violence ou auraient effectué de la prison ferme, continueront à acheter la paix sociale en recrutant du personnel (animateurs, médiateurs) qui ont des casiers bien remplis, parce qu’il est plus facile d’envoyer au front, lorsque les voitures flambent, que le matériel public est dégradé, ces personnes-là (qui individuellement sont souvent très sympathiques) pour qu’elles apaisent la situation par la seule crainte qu’ils aspirent de par leur réputation bien connue ? Combien de temps perdurera la politique des « grands frères », qui a marché un temps mais qui nécessite aujourd’hui d’autres approches et une coordination qui ne peut s’appuyer que sur des projets à long terme souvent déclinés par une non-volonté de faire ce pourquoi ils sont payés.  Combien de temps les conseils, quelle que soit l’échelle, locale, départementale, régionale, étatique, de prévention de la délinquance s’attarderont encore, pour justifier qu’ils servent à quelque chose, pour se faire bien voir de leurs responsables (qui pourront à leur tour en brandir les bilans) à l’organisation (souvent truquée, sinon sérieusement mise en scène) de petits événements conjoncturels, surfant sur l’actualité, d’actions de pacotilles dont ils sont bien conscients de l’inanité, sinon pour la sécurité de leurs propres emplois ?

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