Le Focus: L’assignation – Les Noirs n’existent pas (Tania de Montaigne)

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Focus sur la parution du livre L’assignation, écrit par l’intellectuelle et journaliste Tania de Montaigne, pour le Supplément Enragé.

par Romain Labiaule

Derrière un ton léger, parfois humoristique et sarcastique, non remplit pas de prétention, Tania de Montaigne véhicule une puissance intellectuelle rare et contrebalance le glissement de l’antiracisme contemporain.

« Mais qu’est-ce qu’une Noire ? »

C’est bien là toute la question de l’ouvrage. Comme une trame interrogative, Tania de Montaigne va à la rencontre de différentes expériences vécues, plus ou moins personnellement, pour élucider ce qui est pour elle la constante de l’interprétation stigmatisante : la Race.

L'assignation - Les Noirs n'existent pas Tania de Montaigne
Tania de Montaigne (pour L’Express, en 2015)

Un concept remis au goût du jour par le militantisme indigéniste ou décolonial, qui voit dans les personnes non blanches un caractère racial inévitable du fait de l’héritage historique français. Fortement décrié par les républicains, partisans de l’égalité républicaine, cette approche ultra-constructiviste sur fond de revendications communautaires et identitaires rencontre un fort succès dans la jeunesse militante française, et mondiale.

Pourtant, dans tous les combats pour l’égalité, les militants antiracistes se sont battus pour ne plus être reconnus comme différents ni spécifiques. Les militants indigénistes, qui prônent les piscines réservées, les commerces réservés, les réunions de paroles réservées, réhabilitent en quelque sorte l’expression des USA ségrégationniste separate but equal. Cette expression qui a permis de justifier la ségrégation raciale, preuve selon les défenseurs de la ségrégation raciale de l’époque, qu’aucune injustice n’était commise.

Le duo de l’intellectuel et de l’inconscient

Tania de Montaigne est très loin de réfuter l’existence du racisme en France. Elle énumère quelques anecdotes personnelles qui ont jalonné sa vie, de l’enfance à l’âge adulte, mais également des extraits de commentaires et conversations volées.

Par cette énumération instructive, Tania de Montaigne questionne autant les courants intellectuels racialistes, les idéologies suprémacistes blanches comme noires, que les commentaires presque innocents qui ponctuent des phrases devenues malaisantes.

Par ce jeu d’échelle, l’auteure critique le fondement des courants intellectuels comme le racisme ordinaire, les amalgames, les représentations, et souvent les fantasmes.

Un jeu d’écriture

L'assignation - Les Noirs n'existent pas TTania de Montaigne explore finement comment l’écriture s’est métamorphosée pour substituer l’adjectif à la race. D’un trait de majuscule, le noir, la couleur, passe au Noir, l’identité, la communauté, la Race. Un reflet de la sanctuarisation généralisée d’un tabou qu’est la couleur de peau.

Une majuscule qui ne paye pas de mine mais qui, selon l’écrivaine, en dit long sur la reconnaissance de groupes raciaux. En effet, derrière le N de Noir, le B de Blanc, le J de Jaune, se cache en réalité un bagage d’imageries fantasmées, des portraits types, des carcans identitaires qui cherchent à dessiner le vrai Noir, le vrai Blanc, le vrai Jaune. Comme si une personne de couleur noire était Noir, et non un être libre, doté de droits et de devoirs.

 

Une approche universaliste

Au fond, Tania de Montaigne signe dans ces quelques pages un manifeste pour la liberté. Les individus ne seraient plus reconnus conformes, mais expressifs. Ils existeraient donc dans un entremêlât culturel, personnel, psychologique et sentimental. Ils auraient le droit de ne pas se poser de questions sur leurs appartenances, ou de s’en poser, mais n’auraient pas l’injonction de rentrer dans les ordres d’une communauté agitée par leurs poncifs.

Autrement dit, non, il n’existe pas de Noirs, ni de Blancs, ni de Jaunes … Non, la couleur de peau – que certains d’obstinent à appeler Race – n’est ni un déterminant, ni une identité, ni une injonction. C’est bel et bien une caractéristique physique. Ni plus, ni moins.

Une approche en somme profondément universaliste, qui ne confond pas le droit et la culture, et qui cherche avant tout à reconnaitre les droits Humains pour chacun, et non pas reconnaître les combats d’une « communauté » pour elle-même.

Mais finalement, qu’est-ce qu’une Noire ?

Et si, en fait … Les Noirs n’existaient pas ?

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68 réflexions sur “Le Focus: L’assignation – Les Noirs n’existent pas (Tania de Montaigne)

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