Les Enquêtes du Sup’ – La Chine à la conquête de l’espace

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Une nouvelle enquête du Supplément Enragé signée Camille Leveillé quant à la politique de développement de la conquête de l’espace par la Chine, outil de soft et d’hard power.

par Camille Leveillé

L’espace extra-atmosphérique est considéré par le Livre Blanc de la Défense française comme étant « un milieu aussi vital pour l’activité économique mondiale et la sécurité internationale que les milieux maritime, aérien ou terrestre ».

La conquête spatiale a un objectif simple : affirmer la supériorité de son état vis-à-vis des autres. Elle se révèle être un instrument efficace au niveau du soft power. Durant la Guerre Froide, la conquête de l’espace a pris une place majeure dans l’affrontement des deux Blocs. En effet, le premier homme à être aller dans l’espace, Youri Gagarine, en 1961, était de nationalité soviétique. En revanche, Neil Armstrong est devenu en 1969, le premier homme a marché sur la Lune.

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Youri Gagarine, premier homme à avoir effectué un voyage dans l’espace (Source photo: Yabiladi)

La Chine n’entend plus négliger l’espace

La Chine, durant cette période, ne développait pas son programme de vols habités mais a envoyé des satellites en orbite dès 1970. Dans le cadre de la mission Shenzhou V, en 2003, le taïkonaute Yang Liwei a fait de la Chine le troisième pays derrière la Russie et les Etats-Unis à envoyer des Hommes dans l’espace (par leurs propres moyens). En 2019, l’Empire du Milieu a mené une mission spatiale d’une grande ampleur : pour la première fois une sonde s’est posée sur la face cachée de la Lune.

Le programme spatial chinois est géré par l’Armée Populaire de Libération (APL). La Chine est la puissance spatiale ayant envoyée le plus de satellite en orbite en 2018 : 38 lancements ont été couronnés avec succès et un seul s’est soldé par un échec. Aujourd’hui, le programme spatial chinois dans la mesure où il se développe rapidement, du fait de la nécessite d’un accroissement de son influence/soft power sur différentes nations, inquiète de plus en plus ces dernières.

La conquête de l’espace par Pékin apparaît donc être un outil d’hard power et de soft power.

Un outil d’hard power 

La question qui se pose autour de la militarisation de l’espace est la suivante : est-ce que cette militarisation servira seulement à des fins défensives (protéger des satellites en orbite) ou également des fins offensives (destruction de satellites, armes lasers…). Pour l’instant, la balance penche plutôt du côté d’une militarisation offensive. En effet, dans la nuit du 11 janvier 2007, l’Empire du Milieu a détruit un de ses anciens satellites météorologique à l’aide d’un tir missile antibalistique (tir ASAT). L’essai en lui-même n’eut rien d’inquiétant mais la communauté internationale a réagi quant aux éventuelles intentions que la Chine cacherait derrière cet essai. Les Etats-Unis pensent que leurs satellites sont désormais directement menacés par la Chine. Ce tir ASAT peut être perçu comme un message de dissuasion assez clair à l’encontre des pays rivaux de la Chine.

La militarisation et l’arsenalisation de l’espace n’est pas encadré par le droit international, ce qui pourrait poser de véritables problèmes en cas d’affrontement entre deux pays dans l’espace extra-atmosphérique. Des discussions ont régulièrement lieu pour instituer un encadrement juridique, la Chine et la Russie étant favorables à une réglementation. Cela peut paraitre surprenant mais une explication simple se cache derrière cette volonté : cela empêcherait les Etats-Unis de conserver un avantage dans le domaine spatial. En effet, les Etats-Unis ont développé au fil des années une doctrine assez offensive en matière spatiale. Dès 2001 le rapport Rumsfeld déclarait que toute attaque contre un satellite américain serait considérée comme une attaque réalisée contre le territoire américain.

Un outil de soft power 

La Chine, dès le début de son programme spatial, a souhaité démontrer sa supériorité technologique face aux autres puissances. Depuis quelques années, l’Empire du Milieu a des moyens lui permettant de rivaliser sérieusement avec les puissances spatiales historiques (la Russie, les Etats-Unis et l’Europe). Le programme Beidou est une parfaite illustration de la complémentarité du programme spatial chinois : d’une part ce programme va permettre à la Chine d’offrir une nouvelle voie au positionnement GPS notamment sur le continent africain ce qui permettrait de supplanter le monopole des Etats-Unis dans ce domaine. D’autre part, ce programme permet à Pékin de démontrer une nouvelle avancée technologique importante.

Le programme spatial chinois est également un outil diplomatique important. La Chine souhaite aujourd’hui développer ses alliances dans le domaine spatial notamment pour l’exploration spatiale. L’Empire du Milieu défend une coopération internationale accrue depuis de nombreuses années. Ainsi, Pékin qui construit sa station spatiale (CSS, opérationnelle en 2022), a annoncé que celle-ci sera ouverte à tous les Etats alors même que Pékin a longtemps été banni de l’ISS. Par cette déclaration la Chine entend bien être le défenseur d’Etats en développement souhaitant se lancer dans un programme spatial. En plus d’adopter une diplomatie spatiale « internationale », elle développe des relations bilatérales importantes en la matière. Par ces différentes collaborations le pays peut prétendre à devenir le leader de la gestion de l’espace.

Le programme spatial chinois apparaît donc aujourd’hui comme un outil important pour l’Etat lui permettant à la fois de démontrer sa puissance en matière d’armement mais également en matière de développement de relations avec d’autres Etats. Les Etats-Unis, aujourd’hui considérés comme la première puissance spatiale, pourraient se voir dépasser par la Chine dans quelques années.

Sources

 

 

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