L’édito du 19/03: #Justice for Johnny Depp ?

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L’édito du Supplément Enragé du 19 mars 2021 consacré aux dernières révélations dans l’affaire de violences conjugales opposant Johnny Depp et Amber Heard et l’hypocrisie des internautes face au traitement particulier réservé à l’acteur depuis le début de l’affaire.

Par Live A. Jéjé

Comment le piège de ceux qui bafouent la présomption d’innocence s’est retourné contre eux

Devant l’émoi compréhensible de notre société post-MeToo face aux nombreuses accusations de viols, agressions sexuelles, inceste et violences conjugales qui ont émergé ces dernières années à l’endroit d’un certain nombre de personnalités, pour n’en citer que quelques-unes, l’on peut situer pour les cas reconnus Harvey Weinstein, Kevin Spacey, Roman Polanski (sur une victime tout du moins, bénéficiant de la présomption d’innocence ou de la prescription dans le cas de certaines accusations), Olivier Duhamel ou pour ceux qui bénéficient de la présomption d’innocence ou ont été reconnu innocents Richard Berry, Jeane Manson, Michael Jackson, Dustin Hoffman, Gérard Depardieu, Gérald Darmanin, Valéry Giscard d’Estaing, Donald Trump, Gérald Darmanin, Philippe Caubère ou encore Pierre Joxe, chaque nouvelle affaire de ce type qui paraît dans les médias cristallisent les tensions, relançant notamment cette fameuse question de la distinction à faire ou non entre un homme et son œuvre, soit-elle artistique, politique, humanitaire…

Une présomption d’innocence bafouée, des carrières brisées

Une partie des français, active sur les réseaux sociaux et principalement Twitter, théâtre de tous les excès, considère que dès lors qu’une célébrité devient suspecte – bien qu’un des piliers de la justice  française, mondialement reconnu et décrit comme l’un des symboles de la France, à l’image des droits de l’homme, repose sur la non-culpabilité de tout individu pour lequel aucune preuve de ce qui lui est reproché n’ait apporté par l’accusation ou le ministère public – il convient, par précaution, pour que les victimes ne se sentent pas ou plus muselées, de ne plus saluer ni le travail ni les actions des accusés, mais également de les empêcher de pouvoir poursuivre leurs carrières.

L’exception culturelle Johnny Depp

Comme toute règle, tacite ou officielle, une exception vient la faire souffrir. C’est le cas dans l’hexagone de Johnny Depp. Accusé depuis plusieurs années de violences conjugales par son ancienne compagne Ambert Heard, l’acteur de 58 ans, même parmi les internautes les plus virulents envers de simples suspects dont rien ne prouve encore à cette heure qu’ils ont bien commis les actes qui leur sont reprochés, bénéficie non pas d’une mansuétude, mais d’une persuasion qu’il est victime d’un complot.

Bien que les avancées de l’affaire laissent à penser que dans le cas du couple Depp / Heard, il n’y a pas un bourreau, mais deux, chacun ayant fait usage de violences sur l’autre, amplifiées par une consommation excessive de stupéfiants, ce qui apparaît gênant dans ce traitement particulier réservé à Johnny Depp, notamment par les jeunes générations les plus réactives sur les réseaux sociaux, dont il est possible de soupçonner qu’il se fonde sur le statut d’icône vivante de l’acteur, extrême populaire dans le monde entier, réside dans les réactions d’une dureté des plus extrême envers d’autres personnes uniquement suspectées, donc innocentes jusqu’à preuve du contraire, par ces mêmes internautes. Bien avant que des suspicions se portent sur la véracité des déclarations d’Amber Heard, Johnny Depp profitait déjà d’une tolérance dont aucun autre n’a pu jouir.

Quel avenir à court terme pour la carrière de Johnny Depp ?

La dictature des internautes pris à son propre piège

Les avancées de cette affaire pointent du doigt un autre problème dans le raisonnement de ceux qui font ordinairement fi de la présomption d’innocence. Les productions et studios cinématographiques, devant les menaces de ces internautes de ne plus aller voir les films qu’ils produisent si des acteurs impliqués ou présumés impliqués dans des affaires de ce type, ont décidé de ne plus prendre le moindre risque, céder à leurs exigences et ne plus engager ces comédiens. Toutefois, alors que la Warner Bros, suivant ce raisonnement, a décidé d’écarter Depp du troisième volet de la saga des Animaux Fantastiques, où il campe depuis le second film (si l’on excepte un caméo dans le premier) le principal antagoniste, Gellert Grindelwald, avec une telle maestria, due à la capacité de l’acteur d’insuffler un charisme des plus conséquents, qui plus est différent, à chaque personnage qu’il incarne (Jack Sparrow dans la saga Pirates des Caraïbes, Willy Wonka dans Charlie et la Chocolaterie, Edward dans Edward aux mains d’argent), la décision a voué la boite de production aux gémonies.

Un montage parfait du personnage de Gellert Grindelwald pour illustrer le travail extraordinaire réalisé par Johnny Depp dans Les Crimes de Grindelwald, sur la reprise du titre de Beyonce, « Survivor » version « dark » par 2Wei (réalisé par la youtubeuse Evelyn Jackson)

Quand les médias ont valeur de loi

Si certaines personnes plus respectueuses de ne pas détruire des vies sans disposer de preuves solides avaient préféré dénoncer le fait que cette décision de la Warner avait été renforcée et justifiée par le refus des tribunaux anglais de condamner le journal « The Sun«  pour diffamation suite à la parution d’un article décrivant Johnny Depp comme un homme violent, et non par un verdict de culpabilité, dénonçant l’influence néfaste de l’opinion quand sous la pression médiatique, les grandes entreprises audiovisuelles se couchent, le piège de ceux qui réclamaient à ce que les carrières des célébrités délinquantes soient réduites à néant s’est retourné contre eux. La mauvaise foi de la plupart a déjà acté le fait que Johnny Depp n’est plus que la victime dans toute cette affaire, puisque violenté par Amber Heard et diffamé par The Sun, viré par Warner Bros, la question reste néanmoins posée : que faire si Depp et Heard sont tous les deux coupables ? On remet les comptes à zéro ? La jurisprudence Bertrand Cantat en France (qui avait tué l’actrice Marie Trintignant, fils du légendaire Jean-Louis, l’un des derniers monstres sacrés du 7e art encore en vie, à Vilnius à la suite d’un combat où les deux partenaires avaient consommé une quantité de drogues dures conséquente et avait purgé une peine de quelques années de prison) continue de diviser chaque fois que Cantat monte sur une scène.

Un retour en Grindelwald possible pour Johnny Depp ?

Devant le peu d’informations communiquées par la Warner quant au tournage du 3e volet des Animaux Fantastiques, il est imaginable que Johnny Depp soit réintégré au casting, s’il accepte de revenir après avoir été viré sur la base du simple refus d’un tribunal de condamner un journal pour diffamation à son endroit.

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