Le Debrief: Césars 2020, non Polanski n’a pas (vraiment) gagné le césar du meilleur réalisateur

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Le Debrief du Supplément Enragé de la 45e cérémonie des Césars, qui restera parmi les plus houleuses que l’on ait jamais connu. 

Note de l’auteur avant lecture:
  1. Les hypothèses que je vais avancer au cours de l’article quant à ce qu’il s’est réellement déroulé durant la 45e cérémonie des césars, de sa préparation jusqu’à l’attribution des statuettes, ne sont que le fruit de mon analyse et des conclusions et persuasions que j’en ai tiré. A aucun moment, le « scénario parfait » que je pense que l’Académie avait prévu afin que la soirée se passe sans esclandre, et qu’il me semble avoir percé à jour, n’est avéré. Ces propos n’engagent que moi.

  2. Il n’est pas dans mon intention de blesser une quelconque femme qui est ou fut victime de violences, fussent-elles physiques, morales, sexuelles…Aussi, à défaut de pouvoir prétendre « comprendre », je peux au moins « imaginer » quel sentiment d’injustice, voire de dégoût, ont pu les saisir à l’annonce que Roman Polanski a décroché le César du meilleur réalisateur. Je considère toutefois que le principe moral de différenciation de l’homme et de l’artiste d’une part, pour ce qui attrait à l’affaire américaine qui le concerne, et le principe juridique de la présomption d’innocence pour ce qui attrait à ce pourquoi il a été accusé en France en 2019 doivent primer sur les sentiments et ressentiments de chacun. Et comme je l’expose dans cet édito, j’ai de toute manière de sérieux doutes sur le fait que Roman Polanski soit réellement arrivé premier des suffrages exprimés dans la catégorie « meilleur réalisateur » (lire l’article jusqu’au bout pour comprendre pourquoi).

  3. Enfin, je m’excuse d’avance auprès d’Aïssa Maïga, que j’admire à titre personnel, aussi bien pour son talent de comédienne que son élégance et sa beauté (et qu’elle me pardonne de la réduire, dans une attitude que les féministes les plus ultras qualifieraient de « machisme inconscient » à son physique), pour les qualificatifs qui seront employés à l’encontre du discours qu’elle a prononcé sur le manque de diversité au sein du cinéma français (que je ne nie aucunement), mais la teneur de ses propos m’est tout bonnement insupportable de démagogie…

Tout avait été convenu: Polanski devait être humilié, les votants se glorifier de sacrer Ladj Ly, et à travers lui, les « minorités » …mais il ne fallait pas oublier ce foutu détail du règlement…

par Live A. Jéjé

Un contexte particulièrement tendu

S’il y a bien une cérémonie des Césars qui restera dans les mémoires, ce sera sa 45e édition, à laquelle nous avons assistés en clair sur Canal + ou depuis la Salle Pleyel pour les plus chanceux. L’atmosphère plus que délétère qui régnait dans le microcosme qu’est le cinéma français alors qu’approchait la date fatidique de la soirée où chaque année sont distingués les « meilleurs » d’entre eux, y était pour quelque chose. Les polémiques n’avaient cessé de croître en amont de la cérémonie.

Les 12 nominations de « J’accuse » de Polanski

césars 2020 j'accuse affiche du film

La première, évidemment, concerne Roman Polanski. L’Académie des Arts et Technique du Cinéma Français, organisatrice des Césars, fonctionne sur le même modèle que l’ensemble des académies de remises de prix artistiques dans le monde. Un premier tour de vote est organisé afin que les membres de l’académie désignent ceux qui ont, de leur point de vue, souvent biaisé, et c’est compréhensible, par le copinage et les propres intérêts qu’ont les votants, qui peuvent être nommés et donc se retrouver juge et partie. Les nominations ont été annoncées lors d’une conférence de presse, fin janvier, et le constat était sans appel : le film « J’accuse » de Roman Polanski, dont les critiques furent dithyrambiques lors de sa sortie, a reçu le plus grand nombre de citations, dans 12 catégories, alors que fin 2019, nous apprenions que le cinéaste était de nouveau visé par des accusations concernant ses mœurs. Pas moins de 11 comédiennes l’accusent de viols ou d’agressions sexuelles, remontant à plusieurs années (jusqu’en 1975). Des accusations graves qui ont remémoré à chacun son passif en la matière. Tout le monde sait qu’en 1977, dans une période sombre de sa vie, où après qu’Hollywood lui ait ouvert les portes de ses studios, sa fiancée, la comédienne Sharon Tate avait été tragiquement assassinée, Polanski s’était drogué et avait couché avec une jeune adolescente de 13 ans. Condamné à quelques semaines de prison, il était sorti au milieu de sa peine, avant de quitter les Etats-Unis, où il n’a jamais remis les pieds, pas même lorsqu’il reçut en 2003 l’Oscar du meilleur réalisateur pour son chef d’œuvre sur le ghetto de Varsovie, « Le Pianiste ». Quarante ans après, il est toujours sous le coup d’un mandat d’arrêt, qui en 2009, alors qu’il résidait dans son chalet suisse, a fini lui coûter une extradition vers la justice américaine. Bien que la jeune victime de Polanski ait assuré à maintes reprises qu’elle avait pardonné à celui-ci son comportement et s’était prononcée contre le bashing de ses films, la réputation du cinéaste a depuis toujours souffert, bien qu’il demeure le plus récompensé de l’histoire du cinéma, de ce scandale. Ainsi, en 2017, lorsque l’Académie des Césars lui propose d’être le président de la 42e cérémonie, un tollé s’en suit si bien qu’il finit par renoncer à la proposition.

Aujourd’hui, l’on a du mal à comprendre clairement qui lui reproche quoi : d’un côté, les plus modérés et honnêtes de ses détracteurs admettent que l’affaire américaine de 1977 est close et concentrent leurs critiques sur les 11 accusations de viols qui ne pourront pour la plupart pas être jugées pour des principes de prescription. D’autres, plus violents, souvent militants, mêlent l’affaire américaine et les affaires françaises dans le même sac et s’esclaffent qu’un « violeur » et « pédophile » soit nommé aux Césars. Toutefois, il convient de rappeler qu’il ne nie pas simplement les accusations de viols qui sont sorties il y a quelques mois. Il bénéficie également, et c’est bien normal, du principe de la présomption d’innocence auquel chaque citoyen a droit.  

Une direction poussée vers la sortie

La seconde polémique est une conséquence de la première. Face aux 12 nominations de « J’accuse » et aux vives réactions qu’elles ont suscité, notre société actuelle ne pouvant rester muette, en pleine digestion des mouvements tels que #MeToo ou #BalanceTonPorc qui ont permis à des actrices du monde entier de faire tomber, tardivement, c’est certain, des détraqués sexuels, Harvey Weinstein en première ligne, qui abusaient, violaient en toute impunité. Bien que je n’apprécie pas particulièrement le concept de #BalanceTonPorc en lui-même, pensant qu’il serait avant tout normal que les victimes portent plainte  dans les commissariats que sur les réseaux sociaux, où le côté « délation » me met mal à l’aise tant il fait écho à certains heures parmi les plus sombres que la France a pu connaître, particulièrement lors de la 2nde guerre mondiale, où il y eut un nombre total de lettres anonymes de dénonciation reçues par la police que le nombre de français résidant dans l’hexagone, je reconnais l’élan émancipateur et la libération de la parole que cela a permis d’engendrer.

La direction de l’académie, Alain Terzian en tête était en position de faiblesse. Dans le viseur des habituels mouvements militants qui menaçaient de venir faire du grabuge en manifestant ou en investissant la Salle Pleyel le soir de la cérémonie. Il n’a suffi à quelques malins hostiles à l’administration Terzian de signer une tribune, dans laquelle l’on retrouve entre autres les noms d’Omar Sy ou de Bertrand Tavernier, pour ne citer qu’eux, dénonçant le système de parrainage trop complexe mais nécessaire pour intégrer l’académie et avoir donc le droit de voter pour les films à nommer puis à récompenser pour voir tout le corps directorial de l’Académie démissionner. La tribune reprochait également à l’administration Terzian un « fonctionnement opaque », sans donner plus de détails.

Louane favorisée en 2015 ?

Une opacité dont on ne sut pas très de quoi il pouvait en retourner jusqu’il y a quelques jours, quand un article nous apprit qu’Alain Terzian aurait exigé quelque chose qui sortait de ses prérogatives de président de l’académie en 2015. Depuis quelques années, les catégories relatives aux meilleurs espoirs féminins et masculins ne suivent plus le même processus de désignation de ses nommés de la même façon que pour le reste des catégories. Une liste assez large de comédienne, une autre de comédiens est établi dès l’automne, afin que les votants désignent directement, lors du premier tour de vote, les cinq acteurs et les cinq actrices figurants sur ces deux listes qu’ils trouvaient les plus méritants. Un système de pré-nomination, tel qu’il en existe depuis 2003 pour les Daytime Emmy Awards outre-Atlantique.

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Louane, César du meilleur espoir féminin en 2015

Terzian aurait en 2015 imposé sur la liste des révélations le nom de Louane Emera, gagnante de The Voice et qui venait de jouer dans « La Famille Bélier » d’Eric Lartigau. Bien que ce fut contraire au règlement, le président de l’académie n’ayant rien le droit d’imposer, elle fut incluse et gagna finalement le César (qu’elle n’avait pas volé) lors de la 40e cérémonie.

Boycott de la cérémonie par l’équipe de « J’accuse »

Devant les réserves émises par le Ministre de la Culture quant à la possibilité que Roman Polanski soit une 5e fois sacré « meilleur réalisateur » après ses victoires en 1980, 2003, 2011 et celle de 2014 à laquelle personne, et surtout pas le premier concerné, ne s’attendait, pour « La Vénus à la fourrure » qui ne faisait guère office de favori face à « La Vie d’Adèle » d’Abdellatif Kechiche, Palme d’Or 2013 à Cannes et « L’inconnu du lac » d’Alain Giraudie, l’équipe entière du film « J’accuse », Jean Dujardin le premier, ont annoncé qu’ils boycotteraient la cérémonie, par soutien pour Polanski.

Les enjeux de la 45e cérémonie des Césars

Un défi de taille pour Florence Foresti

Dans ce climat, c’était donc une lourde tâche dont devait se charger Florence Foresti, choisie pour animer la cérémonie pour la seconde fois (la première fois en 2016), à défaut de pouvoir dire « dans les meilleures conditions » ; quand on ajoute aux polémiques le fait que le public des Césars est de notoriété publique l’un des plus difficiles à faire rire de France, si stressés sont les nommés et leurs accompagnants, si snobs demeurent une bonne partie de la salle ; en tout cas dans les « moins pires ». Et pour cela, elle n’avait pas à sa disposition trente-six solutions. Comme le soulignait justement l’équipe de Touche pas à mon poste, la maîtresse de cérémonie allait être obligée, si elle souhaitait décontracter le public d’emblée, briser la glace qui imprègne le vent de scandale soufflant sur l’académie, pour mieux mettre toutes ces polémiques au service de son show.  

Le « scénario parfait » de démagogie de la soirée

Alors, comment pouvait-on faire, elle comme les nommés, une part des votants et remettants, toute cette « grande famille du cinéma français », pour que la soirée se passe sans encombre ? Que Polanski ne soit surtout pas mis en valeur, et qu’il évite au maximum de rafler les prix les plus importants ? Car il faut bien le comprendre, la peur résidait qu’une partie des votants de l’académie, qui connaissent et apprécient le Polanski qui s’est tourné vers la France depuis trente ans aient votés pour lui,  l’autre partie des votants allant se tourner vers Céline Sciamma ou Ladj Ly, puisque cette partie des votants sont des figures de la jeune garde ou des libertaires mi-extrême-gauche, mi-anarchistes, mi-parisiens, mi-consensualisme, des gens bien plus « modernes », en connexion avec la société telle qu’elle est devenue, bien plus consensuels, bien plus #BalanceTonPorc et toutes les mouvances du genre ?

Et bien, la réponse n’était pas si compliquée. Pour ne pas se déchirer, la grande famille du cinéma français a préféré, sans se le dire, sans négocier quoi que ce soit, ce fut tacite, implicite. L’on privilégierait Nicolas Bedos et sa verve provocante et poétique ainsi que les minorités « Misérables » de Ladj Ly, pour que celui-ci, nouvelle mascotte des minorités que ce monde du cinéma raffole, parce qu’en récompensant un type comme Ladj Ly, il se fait passer pour une petite caste moderne, progressiste à souhait.

Foresti devait huiler la machine. Ne pas tomber elle-même dans la démagogie, sous peine que ce soit trop criant aux yeux du téléspectateur devant son poste. Garder une distance avec la « nouvelle ère » que croient voir se profiler ceux qui étaient confortablement assis dans la salle Pleyel. Contrebalancer, par quelques provocations, ironies et blagues empreintes de cynisme ou d’absurdité, telle une Blanche Gardin, tous les discours engagés des personnalités qui monteraient sur scène, remettants comme lauréats, pour finalement mieux les mettre en valeur, pour que notre fameux téléspectateur devant son poste ne comprenne pas qu’elle adhère pourtant parfaitement à la teneur de la très grande majorité des revendications qui allaient être portées par différents individus au cours de la soirée.    

césars 2020 florence foresti
Florence Foresti, maîtresse de cérémonie

Mais il faut lui reconnaître le talent avec lequel elle a relevé le défi. Son discours d’entrée, quoi qu’un peu trop long, n’a pas hésité à mettre les pieds dans le plat : elle l’a annoncé tout net, à 12 moments durant la cérémonie, il y aurait un possible moment gêne lorsque « J’accuse » pourrait être récompensé. Mais que l’on ne compte pas sur elle pour sauver la situation au cas où les belles âmes bobos et bienpensantes se formaliseraient : comme elle l’a rappelé à l’assistance, l’ensemble d’entre elle, fait partie des votants, et c’est eux qui ont foutu la merde en nommant « J’accuse » à douze reprises au premier tour, dont 3 fois Roman Polanski directement (meilleure adaptation, meilleur réalisateur, meilleur film)

Une sortie intolérable de la part de Foresti

C’est la suite du traitement réservé à Polanski par Foresti durant toute la soirée qui résonne comme plus problématique. Finalement, elle n’a pas pu s’empêcher d’afficher clairement sa défiance vis-à-vis du réalisateur, refusant de prononcer son nom, lui prononçant les sobriquets de « Ro-ro », de « Popol », d’ « Atchoum », dont elle a déclaré ne pas admettre que sa petitesse vienne faire de l’ombre à la grandeur du cinéma français.

C’est son droit le plus strict, à titre personnel, de désapprouver les nominations pour Polanski, mais elle aurait, par souci de cohérence (d’autant plus qu’elle avait tout à loisir d’en prendre la décision depuis l’annonce des nominations) dû se rétracter et refuser de présenter la cérémonie d’une académie qui, pour une partie d’entre elle, a fait le choix de distinguer l’homme de l’artiste. Puisqu’elle ne l’a pas fait, sa fonction de maîtresse de cérémonie exigeait un minimum de neutralité, qu’elle n’a non seulement pas tenu, mais qui l’a poussé à faire une sortie plus choquante concernant « J’accuse ».

Alors que son discours d’introduction arrivait à sa fin et  qu’elle résumait en quelques mots l’histoire de chacun des films les plus nommés, elle a réduit « J’accuse », qui traite d’un des plus grands scandales judiciaires et politiques antisémite de l’histoire ; qui a longtemps divisé la société française sur la « question juive », de la fin du XIXe siècle jusqu’à la 2nde guerre mondiale, avec pour conséquence principale le choix pour un certain de nombre de français de collaborer avec l’allemand ou de fermer les yeux quand celui-ci procéda aux nombreuses rafles de juifs qui aboutiront au processus d’extermination que fut la Shoah) ; à un film sur la « pédophilie des années 70 ».

De l’éternel débat: l’homme ou l’artiste…

Au-delà du mauvais gout de la vanne, c’est bien la preuve de l’incapacité pour nombre de d’individus, tel que le discours dominant le réclame dans nos sociétés, à avoir assez de recul, qui plus est lorsque l’on se prétend artiste ou amateur d’art, de faire la distinction entre la personnalité d’un être humain, ce qu’il est, quel est son mode de vie, quelles sont ses mœurs d’un côté et son existence en tant qu’artiste de l’autre. Il n’est pas la peine de de se perdre dans les milliers d’exemples qui démontrent qu’une personne condamnable à bien des égards, peut accoucher d’œuvres sublimes. Le cas de Louis-Ferdinand Céline est parmi les plus connus. Malgré sa sympathie pour l’Allemagne nazie et son antisémitisme qui n’avait rien à envier aux plus hauts dignitaires SS, il reste encore aujourd’hui, aux yeux de nombre de spécialistes, le plus grand auteur français du XXe siècle.

…enfin, pour quelques artistes…

Rappelons également que les indignations et l’indifférenciation des hommes et de leurs œuvres est à géométrie variable. Il est peu probable que Florence Foresti ou Adèle Haënel, qui a quitté la Salle Pleyel dans une colère noire (nous y reviendrons) refusent d’écouter la moindre chanson de Michael Jackson, lui aussi accusé, sans que l’on ne sache encore aujourd’hui si ces allégations étaient fondées ou non, plusieurs fois de pédophilie, et qui a préféré payer la famille d’une de ses victimes présumées pour que les charges retenues contre lui soient abandonnées. Pas plus que personne ne remet en cause le talent d’un Frank Sinatra, pourtant pistonné par la mafia italo-américaine avec qui il entretenait des liens proches (tel que s’en est inspiré le premier volet du Parrain de Francis Ford Coppola) ou d’un Gérard Depardieu, malgré l’amitié qu’il entretient avec Vladimir Poutine, président d’un pays dont une des provinces, la Tchétchénie, procède depuis des années au massacre et à l’internement en camps de concentrations des homosexuels.

Les reniements de la « grande famille du cinéma français »

Alors que les thématiques de #MeToo ont été remises sur le devant de la scène ces dernières semaines par le procès d’Harvey Weinstein outre-Atlantique et les révélations d’Adèle Haënel, nommée meilleure actrice pour « Portrait de la jeune fille en feu« , sur les attouchements qu’elle a subi, qui avait d’ailleurs prévenu que récompenser Polanski reviendrait à « cracher à la figure » des victimes de viols, attouchements et autres harcèlements sexuels, et au sortir d’une année 2019 qui a vu le nombre de féminicides en France augmenter, tout ce qui attrait aux violences dont les femmes sont victimes ne peut, et c’est bien normal, plus être accepté. Malgré tout, notre société dans son ensemble et le microcosme cinématographique en particulier doit respecter le principe de présomption d’innocence dont bénéficie Polanski quant aux accusations de viols qui le concernent, et que sa victime américaine LUI A PARDONNE. Car c’est de cela qu’il s’agit : notre société, en plein élan émancipateur suite à la révélation de tous ces scandales sexuels, favorisant une libération de la parole des victimes de violences, et désireuse d’en finir avec les intolérables excès d’hommes en situation de pouvoir, d’influence, n’arrive guère à admettre qu’un tel pardon soit possible.

S’il paraît donc parfaitement logique que des figures de proue de ces mouvements telle Mme Haënel aient été furieux(ses) de la présence de Roman Polanski parmi la liste des nommés à cette 45e cérémonie, il est toutefois intéressant de constater que c’est la même académie, cette « grande famille », qui refuse aujourd’hui de le soutenir face à ceux qui souhaiteraient que le cinéaste soit traîné dans la boue ou derrières des barreaux, mais qui lui réservait une standing-ovation lorsqu’il lui fut remis en 2011 son 3e César du meilleur réalisateur pour « The Ghost Writer », film qu’il avait écrit, selon ses propres mots, « en taule », durant la période où la justice suisse avait relancée l’affaire américaine.

Césars 2020: Roman Polanski césars 2011
Roman Polanski aux Césars 2011, où il reçut son 3e césar du meilleur réalisateur

Les Césars ont changé d’ère / d’air

Qu’est-ce qui a donc changé, entre 2011, et même 2014, alors que sa « Vénus à la fourrure » le faisait remporter un 4e César du meilleur réalisateur, à sa stupéfaction, et 2020 ?

La réponse est assez simple. Cette « grande famille » où les jalousies et les bassesses vont bon train (comme dans toutes les grandes familles, pourrait-on objecter) a toujours été obsédé par le souci de paraître dans l’air du temps. Quitte à clouer au pilori ceux qu’ils flanquaient la veille sur un piédestal. En 2011, en 2014 encore, la tendance concernant Polanski consistait à considérer qu’il fallait arrêter de ressortir le dossier américain et voir que l’homme avait changé et n’avait eu de cesse de réaliser des chefs d’œuvre.

Aujourd’hui, le vent a tourné. Les actrices du monde entier se sont rebellées comme les porcs qui gangrènent le cinéma. Les « minorités » (LGBT, noirs, arabes et j’en passe) historiquement défendues par les belles âmes humanistes, universalistes que sont celles et ceux qui ont fait du cinéma leur(s) métier(s), ont fini par se faire entendre : ils ne voulaient pas de leur tendre pitié, mais souhaitaient eux aussi être inclus, représentés dans le circuit cinématographique. La grande famille leur fait donc peu à peu, et c’était bien normal, fait une place sur l’arbre généalogique et élaguent les branches les moins fréquentables.

Seulement, ce n’est pas assez pour certains mouvements militants que la famille cinématographique française, bobo et progressiste à souhait, ne veut surtout pas se mettre à dos. La présidente de cette 45e cérémonie, Sandrine Kiberlain, l’a annoncé, nous sommes à l’aube d’une ère nouvelle pour les Césars et le cinéma français. A travers Polanski, ce n’est pas seulement la présomption d’actes abominables qui est pointée du doigt, c’est ce fameux « mâle blanc hétérosexuel de plus de 50 ans » qui est visé, qui, comme dans bien d’autres milieux, télévisuels, journalistiques, politiques, doit tomber.

L’affligeant discours d’Aïssa Maïga 

 2020 Aïssa Maïga
Aïssa Maïga s’est livré à un plaidoyer sur la diversité dans le cinéma…de façon assez gênante !

Ceci, la ravissante et d’ordinaire si fine d’esprit Aïssa Maïga s’est chargée de nous le rappeler, ou de prévenir ceux qui ne l’auraient pas compris : les choses changent et le cinéma va devoir s’y adapter. Par un procédé d’inversion des rôles des « dominants » et des « dominés », tout autant dans la mise en scène de son intervention (costume, gestuelle, ton adopté) que dans sa rhétorique, l’actrice s’est faussement émerveillée des 12 représentants des minorités présentes dans la salle. Plus qu’elle n’en aurait jamais vu aux Césars…Un mensonge éhonté mais qu’importe…

Très vite, on ne sut plus très bien si la comédienne se prêtait à une parodie de discours indigéniste, en s’adressant avec condescendance, au public, entendez « aux blancs », dans leur ensemble, pour les rassurer, en insistant plusieurs fois sur le fait qu’ils n’auront rien à craindre de la mutation qui est en marche et qui partagera équitablement la représentation de toutes les couleurs de peaux dans les productions, ou si elle parlait sincèrement. Si bien que les « 12 personnes de couleur » mises en exergue par Maïga semblaient elles-mêmes gênées, autant pour la remettante qu’en sachant être concernés par son allocution, qui aura néanmoins eu le mérite de traiter du manque de diversité, qui est toujours d’actualité.

L’on serait tenté de douter du sérieux de l’intervention (du moins on l’espère pour l’interprète…), aux vues des caractéristiques du sketch qu’on peut retrouver dans cette séquence, entre le moment où sans avoir quitté des yeux le prompteur sur lequel son texte défilait, elle a rappelé à l’ordre un monsieur aux premiers rangs censé regarder son téléphone, indifférent à l’importance du message qu’elle délivrait ou encore sa demande qu’on lui apporte à boire ; rappelant une séquence connue des Césars où Isabelle Adjani, aussi mystique et « diva » que d’habitude demandait à ce qu’on lui amène un verre d’eau ; pour ensuite, sans un regard pour le jeune homme (forcément blanc, inversion des rôles oblige…) qui vint lui porter, lui signifier de rester près d’elle au cas où elle aurait encore besoin de lui. Entendons ce qu’il y avait à entendre : « Ce n’est pas parce que je suis noire que je n’aurais pas le droit d’être traitée comme une grande actrice blanche, avec ses caprices de diva ».

Reste à déterminer le caractère parodique ou non de cette prise en otage de la salle comme des téléspectateurs, gênés de voir une comédienne avec un aussi grand talent se ridiculiser. Néanmoins, sa décision de suivre Adèle Haënel et de quitter la Salle Pleyel avant la fin de la cérémonie est déjà une indication qui apparaît suffisante pour répondre à la question…

A cela, il serait peut-être utile de rappeler à Mme Maïga ces propos qu’elle a tenu en 2013, pour qu’elle ne se commette pas de nouveau dans une « complainte » non seulement mille fois serinée mais à laquelle elle ne prétendait guère adhérer :

Si la problématique n’a pas disparu, je trouve que de façon générale cela va mieux. Je pense que l’événement créé autour de l’arrivée de Harry Roselmack au JT de TF1 n’arrivera plus. On a pris conscience du retard (…) Si nous ne sommes pas tous d’accord sur les formulations, les choses ont été nommées, relayées… Alors que, lorsque j’ai commencé, il y avait un déni total ! (…) Personnellement, je refuse depuis longtemps d’être dans la complainte. Non pas qu’il n’y a pas de problème, je suis née en tant que comédienne avec cette problématique-là. En revanche, j’ai vu que cela ne me réussissait pas du tout d’être dans une posture, quoi qu’on en dise, un peu « victimaire »

Aïssa Maïga sur la diversité dans le cinéma français (2013)

Ladj Ly forcément innocent, Polanski forcément coupable

Ladj Ly récompensé ou humilié ?

Cette cérémonie a été l’occasion de voir se rejoindre les deux causes principales défendues aujourd’hui en apparence par la grande famille du cinéma : le respect de la femme et la défense des minorités. Ajouté au contexte d’indignation à géométrie variable déjà exposé ci-haut, s’il y a une personne qui s’en est tirée sans problèmes, et parce qu’il le méritait également selon moi parce que j’accepte de faire la différence entre l’homme et son œuvre, c’est bien le réalisateur des Misérables, Ladj Ly, qui a reçu le César du public et le César du meilleur film, sous les applaudissements nourris de l’assemblée, ravie, dans leur éternelle démagogie, de voir triompher une personnalité issue de cette diversité, de ces minorités qu’il serait grand temps d’intégrer.

2020 Ladj Ly
Ladj Ly et l’équipe des « Misérables » recevant le César du meilleur film des mains de la présidente de la cérémonie, Sandrine Kiberlain.

Je le dis comme je le pense, Ladj Ly, malgré le peu de sympathie qu’il m’inspire lorsque je lis ses interviews, regarde les reportages qui lui sont consacrés, écoute les insultes qu’il profère à ceux qui ne sont diamétralement opposés à ses idées (« fils de pute » pour Eric Zemmour, « connasse » pour Zineb El Razzoui) alors que tous ses engagements appellent au respect, à un respect qui dans sa conception des choses, ne devrait donc aller que dans un sens, malgré tout cela, Ladj Ly m’a fait de la peine. D’être le dindon de la farce. Les séquences où il est venu avec son équipe récupérer ses prix me furent difficiles à supporter.

Lorsque l’on est, comme j’ai l’orgueil de le prétendre à l’heure où j’écris ces lignes et malgré mon raz le bol des discours réducteurs et simplistes tels qu’Aïssa Maïga nous a servi qui n’ont d’autres utilité que de distinguer, diviser les gens plutôt que de favoriser l’inclusion de tous, profondément antiracisme, que l’on se refuse à faire la moindre distinction entre n’importe quel individu, que l’on se bat chaque jour dans sa vie professionnelle contre toutes les formes de discriminations, l’on ne peut qu’être dégouté de ne pas voir Ladj Ly et ses équipes êtres récompensées et félicitées comme il se le devait, comme n’importe quel réalisateur accompagné de son équipe recevrait des Césars.

Non, la façon dont cela s’est déroulé fut juste écœurante, sous l’œil satisfait de la moitié des votants présents dans l’assistance qui ne prirent même pas la peine de cacher leur charité égalitaire, leur contentement d’avoir voté pour un « black » qui a fait un film sur les cités. A titre personnel, j’aurais voté pour Ladj Ly, malgré les nombreuses réserves que j’éprouve quant aux Misérables et que j’ai déjà exposé lors de sa sortie en salles, pour sa parfaite maîtrise technique et la façon avec laquelle il a su créer un climat de tension très subtil tout au long d’un film qui manquait cruellement de subtilité. Pas par bonne conscience, par discrimination positive ou pour favoriser le rayonnement de la diversité au cinéma.

Polanski / Ladj Ly: Deux hommes à bannir des Césars ?

Polanski, lui, pour cette caste bienpensante qui constitue la moitié de cette académie des Césars, et du cinéma français dans une plus large dimension, est impardonnable dans notre société de 2020. Mais, comme a eu le courage de le rappeler Marlène Schiappa il y a quelques semaines, parce qu’elle fut bien la seule à le dire, dès lors que l’on adopte ce refus de différencier l’homme de l’artiste, que l’on s’indigne de la présence de Polanski dans la liste des nommés pour les faits qui lui sont reprochés, et pour lesquels il nie sa culpabilité, la présence de Ladj Ly n’était alors guère plus souhaitable.

En effet, le réalisateur de 42 ans a été condamné en 2011 pour avoir participé, à la demande d’un ami, et avec un autre complice, à ce qui devait de base être un simple guet à pan destiné à punir un homme qui aurait couché avec la sœur de l’ami commanditaire, mais qui aurait dégénéré en un enlèvement puis à une séquestration. Les charges de « violence » et de « tentative de meurtre » avaient été retenues contre lui en début d’instruction de l’affaire avant d’être effacées. Ladj Ly a toujours clamé son innocence, arguant qu’il a essayé au contraire de calmer les choses, bien que les deux autres hommes reconnussent les faits. Il a effectué entre 2 et 3 ans de prison ferme.

Mais pour tous ceux qui vitupèrent Polanski et portent Ladj Ly aux nues, les arguments sont déjà tout trouvés : certes, Ladj Ly a fait de la prison pour « enlèvement » et « séquestration », mais il a toujours nié sa culpabilité. Et surtout, ce n’est en rien comparable à des accusations de viols ou de pédophilie

On pourrait tout aussi facilement répliquer en rappelant que Ladj Ly peut nier sa culpabilité, doit même évidemment la nier s’il est effectivement innocent, mais qu’il ne bénéficie pas, contrairement à Polanski, qui nie également les viols dont on l’accuse, de la présomption d’innocence, car Ladj Ly a lui bien été reconnu coupable.

Quant à savoir ce qui est le plus grave entre ce qui est reproché à Ladj Ly et à Roman Polanski, bien évidemment, la balance penche du côté du viol et de la pédophilie. Toutefois, il convient de ne pas oublier que les faits reprochés à Ladj Ly trouvent leur source dans le machisme qui a poussé son ami à vouloir refaire le portrait à un homme qui avait couché avec sa sœur, qui a également été violentée. Puisque des personnes réclament la distinction entre l’homme et l’artiste, l’on ne peut que trouver risible de voir les mêmes personnes scandalisées de la présence du Polanski et de son film dans la course aux Césars et admiratives que Ladj Ly récolte 11 nominations et 2 prix à titre personnel. Pour ces gens-là, la distinction ne s’arrête pas qu’à celle de l’homme et de l’artiste, mais prend donc en compte la gravité des faits. Dans leur logique, une femme battue ne vaut apparemment pas une femme abusée sexuellement…

Quoi qu’il en soit, en suivant l’argument du refus de la distinction de l’artiste et de l’homme, ni Ladj Ly, ni Polanski n’auraient été récompensés, alors qu’ils ont signé les deux meilleurs films de l’année 2019

Polanski meilleur réalisateur, Adèle Haënel quitte la salle. Ce qu’il s’est réellement passé

Polanski meilleur réa, Ladj Ly meilleur film

Voilà pourquoi il est idiot de réclamer la censure des films de Polanski. Parce qu’avec ce raisonnement, l’on est susceptible de censurer tous les films, parce que l’on trouvera toujours une des personnes qui ont travaillé à son élaboration, du scénariste au réalisateur, en passant par les acteurs, les techniciens, les producteurs ou les distributeurs, un homme qui a commis des choses immorales, à des degrés plus ou moins élevés.

Voilà pourquoi je me réjouirai que Polanski ait eu le César du meilleur réalisateur si je trouve, lorsque je le verrai, que « J’accuse » le mérite, et ce même si j’aurais préféré qu’il advienne à Ladj Ly. Voilà pourquoi je me réjouis que Ladj Ly ait eu le César du meilleur film, malgré l’antipathie qu’il m’inspire et qui ne se base peut-être sur rien de concret, et si j’ai l’occasion un jour de le rencontrer et que je découvre un type bien, je reconnaitrais m’être trompé et malgré les casseroles qu’il traîne également mais dont tout le monde se fout car ce petit monde a juste cru bon pour sa réputation de récompenser sa personne et son film, comme on utilise un pantin, histoire qu’on lui reproche moins son manque de diversité.

Voilà pourquoi je me réjouis de tout ceci. Parce que je sépare l’homme de l’artiste.

La faille du « scénario parfait »

Sur les coups de minuit, la fin de la cérémonie approchant – ne restait plus qu’à désigner le meilleur réalisateur puis le meilleur film – Foresti, l’académie, les artistes engagés contre Polanski pouvaient se sentir bien. Les choses s’étaient dans l’ensemble déroulés comme prévu. Le scénario parfait suivait son cours. Mais il y avait une faille dans le plan, à laquelle peu de personnes ont prêté attention.

Adèle Haënel quitte la cérémonie à l’annonce de la victoire de Roman Polanski

L’académie a payé, par la polémique, la sortie furieuse d’Adèle Haënel, d’Aïssa Maïga et de bien d’autres, que le César du meilleur réalisateur revienne une 5e fois à Roman Polanski. Adèle Haënel s’en est ouverte à Mediapart aujourd’hui:

Ils voulaient séparer l’homme de l’artiste, ils séparent aujourd’hui les artistes du monde» (…) «Ils pensent défendre la liberté d’expression, en réalité ils défendent leur monopole de la parole. Ce qu’ils ont fait hier soir, c’est nous renvoyer au silence, nous imposer l’obligation de nous taire. Ils ne veulent pas entendre nos récits. Et toute parole qui n’est pas issue de leurs rangs, qui ne va pas dans leur sens, est considérée comme ne devant pas exister.»

Adèle Haënel a Mediapart

Adèle, vous vous trompez. Déjà, tout ce que vous dites ici peut-être parfaitement retourné contre vous. Que c’est vous qui voulez réduire au silence Polanski. Que votre sortie prouve que vous voulez vous aussi le monopole de la parole. Vous dites que toute parole qui n’est pas issue de leurs rangs ne devrait selon eux pas exister, mais votre départ prouve tout autant que vous refusez également toute parole qui ne vient pas de votre rang à vous. Et je peux le comprendre. Et je m’indigne de ce que vous avez vous-même subi. Mais heureusement pour vous, Adèle, vous vous trompez doublement. Votre parole a compté, pas la leur. C’est bien votre camp, celui du « scénario parfait » qui a gagné. La victoire de Polanski est avant toute chose le fruit de réglementations idiotes, mises en place par l’académie (qui paye donc ses propres erreurs) pour favoriser la « diversité » du cinéma.

Roman Polanski n’a pas gagné le César du meilleur réalisateur ? 

Je suis persuadé que Roman Polanski n’a pas obtenu le plus grand nombre de voix au César du meilleur réalisateur. Je pense au contraire, comme il aurait été tellement plus simple pour tout le monde que les choses se passent ainsi, que le scénario parfait a bien eu lieu. Que c’est Ladj Ly qui est arrivé en tête des suffrages.

Seulement, l’académie interdit depuis 2016 à un réalisateur de cumuler les prix du meilleur film et du meilleur réalisateur. Une décision qui avait été à l’époque contestée par plusieurs metteurs en scène, à juste titre, tant on peut apprécier la réalisation d’un film sans aimer le film (tel que ce fut le cas me concernant pour « Les Misérables« ).

Une règle au combien stupide

Le règlement exige que si un réalisateur remporte les deux catégories, il obtienne le César uniquement dans la catégorie où il est arrivé avec le plus grand nombre de voix. Ladj Ly a dû arriver premier avec plus de voix dans la catégorie « meilleur film » que « meilleure réalisation », condamnant ainsi l’académie à remettre le César du meilleur réalisateur à Polanski, arrivé deuxième…

Quel avenir pour les Césars ?

Cette 45e cérémonie est passée à ça de clore toutes les polémiques qui pendaient au-dessus de sa tête. L’Académie va probablement voir sa direction renouvelée, certaines règles, pourquoi pas celle que l’on vient d’évoquer, annulées.

Mais Sandrine Kiberlain a bien raison : c’est la fin d’une époque du cinéma français à laquelle nous avons assisté. A voir ce que nous réservera de bon comme de mauvais la suite. Elle n’aura pas beaucoup d’importance, la « grande famille du cinéma français » n’a pas fini d’user de démagogie, de mauvaise foi et d’indignations à géométrie variable.

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